Le Groupe de la Banque africaine de développement a approuvé un investissement de 15 millions de dollars dans le troisième fonds de RMBV, une société de gestion active en Afrique du Nord. Le fonds cible principalement l’Égypte, la Tunisie, le Maroc et l’Algérie, avec un intérêt particulier pour les entreprises capables de changer d’échelle.
L’opération bénéficie également d’un engagement de 20 millions de dollars de la Cassa Depositi e Prestiti, mobilisé à travers la plateforme GRAf, créée dans le cadre du partenariat entre l’Italie et la BAD lié au Plan Mattei. Le montant total mobilisé atteint ainsi 35 millions de dollars.
Du capital, mais aussi un accompagnement
Le RMBV North Africa Fund III ne vise pas uniquement à apporter des capitaux aux entreprises sélectionnées. Le dispositif prévoit également un accompagnement portant sur la stratégie, la gestion et la gouvernance. Le fonds cible notamment des entreprises de taille intermédiaire et des PME évoluant dans des secteurs liés aux besoins des marchés nord-africains. L’objectif est de les accompagner dans leur développement, leur création d’emplois et leur expansion régionale.
Cette approche intervient dans un contexte où l’accès au financement devient plus sélectif pour les entreprises africaines. Au premier semestre 2026, les startups du continent ont levé environ 1,4 milliard de dollars, mais avec moins d’opérations qu’un an auparavant. Les investisseurs concentrent davantage leurs capitaux sur les entreprises présentant une trajectoire de croissance et un modèle économique solides.
La Tunisie parmi les marchés concernés
Pour les entreprises tunisiennes en phase de croissance, l’arrivée de nouveaux capitaux institutionnels peut offrir une alternative au financement bancaire classique.
La présence de la BAD et de la CDP dans cette opération envoie également un signal aux entrepreneurs nord-africains : les fonds de croissance continuent de rechercher des entreprises capables de passer à une nouvelle dimension, notamment dans les secteurs productifs et les services. L’enjeu sera désormais de transformer ces capitaux en investissements dans des entreprises capables de se développer au-delà de leur marché d’origine.