Jamais il n'a été aussi simple d'envoyer ou de recevoir de l'argent. Entre Orange Money, MTN Mobile Money, Wave, PaySika ou encore Neero, les transactions se réalisent désormais en quelques secondes depuis un smartphone.
Mais cette facilité a fait qu'aujourd'hui, de nombreuses personnes perdent progressivement la visibilité sur leurs dépenses quotidiennes. Les paiements s'accumulent, les notifications disparaissent et la tenue d'un budget devient rapidement fastidieuse. Pour Charles YIMBNE, ce problème touche aujourd'hui une grande partie des utilisateurs des services financiers numériques en Afrique francophone.
Une application qui classe automatiquement les dépenses
Pour répondre à cette problématique, l'entrepreneur camerounais développe MES POCHES, une solution pensée comme un assistant financier intelligent. L'application repose sur une organisation simple du budget à travers différents espaces appelés "poches", associés à des catégories de dépenses spécifiques.
L'utilisateur peut ainsi visualiser plus facilement où va son argent et suivre l'évolution de ses habitudes financières. Mais la véritable innovation réside dans l'automatisation.
Grâce à l'intelligence artificielle, l'application est capable d'interpréter les notifications reçues après les transactions effectuées sur les principales plateformes de Mobile Money et de fintech. Chaque opération est automatiquement analysée, catégorisée et enregistrée sans intervention manuelle.
L'intelligence artificielle remplace la saisie fastidieuse
L'un des principaux freins aux applications de gestion budgétaire reste la nécessité de saisir chaque dépense à la main. MES POCHES cherche précisément à éliminer cette contrainte. Après autorisation de l'utilisateur, l'application analyse les notifications liées aux transactions provenant notamment d'Orange Money, MTN MoMo, Wave, PaySika ou Neero.
Un moteur d'apprentissage automatique identifie la nature de la dépense, apprend progressivement des habitudes de l'utilisateur et propose automatiquement une classification pertinente. L'objectif ici est de rendre la gestion financière presque invisible.
Un scanner intelligent pour les reçus et factures
Au-delà des paiements numériques, MES POCHES intègre également une fonctionnalité de vision artificielle. L'utilisateur peut photographier un reçu, une facture ou même une liste manuscrite. L'intelligence artificielle extrait automatiquement les informations importantes et génère les transactions correspondantes dans l'application.
Cette fonctionnalité vise à intégrer dans un même espace les dépenses numériques et les achats réalisés hors ligne.
Un coffre-fort numérique pour favoriser l'épargne
L'application ne se limite pas au suivi budgétaire. MES POCHES intègre également un système de coffre-fort virtuel permettant d'isoler certaines sommes destinées à l'épargne. Les utilisateurs peuvent ainsi distinguer plus facilement l'argent réservé à leurs objectifs financiers des dépenses courantes.
La plateforme prévoit également la gestion automatisée des opérations récurrentes telles que les loyers, abonnements ou remboursements périodiques.
Une fintech camerounaise encore en phase de développement
À ce stade, MES POCHES n'est pas encore disponible sur les plateformes publiques. Le projet est actuellement développé sous Android sous forme d'application APK fonctionnelle et poursuit sa phase de maturation avant un éventuel déploiement sur le Play Store. Dans une logique de "Building in Public", Charles YIMBNE souhaite associer l'écosystème technologique à l'évolution du produit.
Le fondateur recherche actuellement des mentors, experts fintech, responsables produits ainsi que des partenaires stratégiques capables d'accompagner le développement de la solution.
L'IA appliquée à la finance personnelle africaine
Avec MES POCHES, Charles YIMBNE s'inscrit dans une tendance émergente qui consiste à utiliser l'intelligence artificielle pour résoudre des problématiques financières très concrètes.
Alors que la plupart des innovations fintech africaines se concentrent sur les paiements ou les transferts d'argent, peu d'acteurs s'attaquent encore à la question de la gestion financière personnelle. Si le projet atteint sa phase de commercialisation, il pourrait contribuer à démocratiser des outils de pilotage budgétaire adaptés aux réalités du Mobile Money et des fintechs africaines.