
Après sept années d’engagement en faveur de l’éducation en Côte d’Ivoire, le programme Education Impact Fund (EIF) a tiré sa révérence ce mercredi 9 avril 2025. La cérémonie de clôture, organisée à la salle de conférence de la CGECI à Abidjan par Comoé Capital et la Fondation Jacobs Stiftung, a rassemblé plus de 150 acteurs du monde éducatif, entrepreneurial et financier. Un moment de bilan, de célébration, mais surtout de projection vers l’avenir du financement de l’éducation en Afrique.
Un fonds pionnier pour transformer l’ducation par l’investissement
Lancé en 2017, le fonds EIF s’est affirmé comme le premier véhicule d’investissement exclusivement dédié au secteur éducatif en Côte d’Ivoire. Géré par Comoé Capital, avec le soutien de la Fondation Jacobs à travers le programme TRECC, et en partenariat avec Investisseurs & Partenaires (I&P), le fonds était doté d’un capital de 900 000 euros.
Sa mission ? Accompagner l’innovation éducative locale en soutenant six PME ivoiriennes évoluant dans le domaine de l’éducation. Ces entreprises ont bénéficié de financements compris entre 30 000 et 150 000 euros, sous forme de prises de participation, de prêts d’associés et d’assistance technique. En conjuguant capital patient et accompagnement managérial, EIF a démontré qu’un modèle de financement ciblé peut générer un impact économique et social concret, même à échelle modeste.
Une cérémonie de clôture riche en enseignements
La clôture du programme a permis de partager les résultats mesurables du fonds et de tirer des enseignements utiles pour l’écosystème entrepreneurial africain. Des panels, témoignages d’entrepreneurs financés, rencontres B2B et échanges institutionnels ont mis en lumière les forces du modèle EIF :
- La viabilité du private equity à impact dans un contexte réglementaire ivoirien ;
- L’impact réel des petits tickets d’investissement sur la croissance des PME ;
- Le rôle moteur des femmes entrepreneures dans l’éducation, avec 83 % des entreprises dirigées par des femmes ;
- L’entrepreneuriat comme levier de création d’emplois formels (plus de 100 emplois créés ou maintenus, dont 82 % formalisés) ;
- La contribution des PME éducatives à la réussite scolaire, avec un taux de réussite de 100 % aux examens nationaux en 2024 pour les élèves bénéficiaires.
Un plaidoyer pour un financement plus engagé de l’éducation
« EIF a été plus qu’un simple fonds d’investissement. Il a été un laboratoire d’innovation, de pratiques et de résultats, prouvant que l’éducation peut être financée autrement », a déclaré Sabina Vigani, Directrice Pays de la Fondation Jacobs Stiftung. Le programme se veut désormais une source d’inspiration pour les bailleurs, investisseurs et acteurs publics, appelés à renforcer leur engagement en faveur de l’éducation à travers des outils financiers adaptés aux réalités africaines.
Parmi les succès notables :
- Un chiffre d’affaires multiplié par 3,2 entre 2019 et 2023 pour les entreprises soutenues ;
- 50 % de sorties réussies du capital ;
- 119 % des montants investis récupérés, un retour qui démontre la viabilité économique du modèle.
La fin du programme EIF n’est pas une conclusion, mais un point de départ vers une nouvelle dynamique de financement éducatif en Afrique. À travers ce projet pilote, Comoé Capital et ses partenaires ont posé les bases d’un écosystème où l’impact social et la performance économique ne s’opposent pas, mais se complètent.
Alors que les besoins en éducation restent immenses sur le continent, l’expérience EIF rappelle qu’investir dans l’éducation, c’est investir dans l’avenir de l’Afrique – un avenir inclusif, durable et porté par ses talents locaux.