Depuis plusieurs années, l’intelligence artificielle s’impose progressivement comme l’un des moteurs de transformation des économies mondiales. Santé, finance, agriculture, éducation, industrie ou encore services publics : les usages de l’IA se multiplient et redéfinissent les besoins en compétences.
Face à cette évolution, la Côte d’Ivoire souhaite désormais renforcer son dispositif de formation en intégrant davantage les technologies émergentes dans sa stratégie de développement. La future université dédiée à l’intelligence artificielle fait partie des projets structurants annoncés dans le cadre du PND 2026-2030.
Un vaste programme de modernisation universitaire
L’université de l’intelligence artificielle s’inscrit dans un programme plus large visant à renforcer les infrastructures d’enseignement supérieur du pays.
Le gouvernement prévoit notamment la construction de la cité universitaire d’Adiaké, l’ouverture de nouvelles universités à Abengourou, Daoukro et Dabou, la réalisation de trois Instituts Universitaires de Technologie ainsi que l’achèvement de l’université d’Odienné.
L’objectif affiché est d’élargir l’accès à l’enseignement supérieur tout en améliorant la couverture territoriale des infrastructures universitaires.
Former les talents des métiers de demain
Au-delà de la construction des bâtiments, les autorités souhaitent aligner davantage les formations sur les besoins de l’économie. Les futures filières devraient notamment couvrir des secteurs jugés stratégiques comme le numérique, l’agro-industrie, les mines, les services et la santé.
Dans ce contexte, l’université dédiée à l’intelligence artificielle pourrait devenir un levier important pour développer localement des compétences dans la data, le machine learning, la cybersécurité, l’automatisation ou encore les infrastructures numériques. Une orientation qui répond également à la demande croissante des entreprises pour des profils technologiques spécialisés.
Une bataille autour de la souveraineté numérique
Derrière ce projet universitaire se cache une problématique plus large.
Alors que les technologies d’intelligence artificielle sont aujourd’hui dominées par de grandes entreprises internationales, plusieurs pays cherchent à renforcer leurs capacités locales afin de ne pas rester uniquement consommateurs de solutions développées ailleurs. La formation des talents devient ainsi un enjeu de souveraineté technologique.
Pour la Côte d’Ivoire, l’ambition est de construire progressivement un écosystème capable de produire ses propres compétences, ses propres innovations et à terme ses propres solutions adaptées aux réalités locales.
Un projet qui s’inscrit dans une stratégie économique plus vaste
L’annonce intervient dans le cadre du quatrième Plan National de Développement couvrant la période 2026-2030. Doté d’une enveloppe globale estimée à 114 838,5 milliards FCFA, ce programme vise à accélérer la transformation structurelle de l’économie ivoirienne, renforcer le capital humain et soutenir le développement du secteur privé.
Dans cette stratégie, le numérique n’est plus considéré comme un secteur isolé mais comme une infrastructure transversale capable d’impacter l’ensemble de l’économie.
L’Afrique entre dans la course aux compétences en IA
L’annonce de cette université intervient également à un moment où plusieurs pays africains cherchent à renforcer leurs capacités dans l’intelligence artificielle. Partout sur le continent, gouvernements, universités, startups et acteurs privés multiplient les initiatives autour de la formation, de la recherche et de l’innovation technologique. La véritable compétition ne se jouera probablement pas uniquement sur les infrastructures ou les technologies importées, mais sur la capacité à former localement les ingénieurs, chercheurs et entrepreneurs capables de construire les solutions numériques de demain.
Et dans cette course, la Côte d’Ivoire semble vouloir prendre position très tôt.