Après les premières phases du programme, le gouvernement engage une nouvelle enveloppe de 10 milliards de FCFA pour étendre la couverture numérique à 160 localités supplémentaires. Les régions de l’Indénié-Djuablin, du Sud-Comoé, du Tonkpi, du Kabadougou, du Bafing et du Worodougou sont notamment concernées. Le programme doit porter à 575 le nombre total de localités rurales connectées à travers le pays.
Dans les zones concernées, l’arrivée des infrastructures numériques ne se limite pas à l'accès à Internet. Elle peut également faciliter l'accès aux services financiers et aux activités économiques. À Zandanakaha, dans le département de Ouangolodougou, l'installation d'une antenne a par exemple permis l'ouverture de points Mobile Money, évitant aux habitants de se déplacer vers les centres urbains pour effectuer certaines opérations. Le déploiement s'inscrit dans une infrastructure nationale qui compte déjà 5 207 kilomètres de fibre optique. Le pays dispose également de deux points d'atterrissement pour les câbles sous-marins.
Le numérique comme moteur économique
L'enjeu dépasse donc la couverture des territoires ruraux. Pour les populations, une meilleure connectivité peut faciliter l'accès à l'information, aux services financiers, à l'éducation ou encore à de nouvelles opportunités commerciales. Pour les entrepreneurs et les petites entreprises installés en dehors des grands centres urbains, l'accès au réseau peut également ouvrir de nouveaux usages : commercialisation en ligne, paiements numériques, communication avec les clients ou accès à certains services administratifs et professionnels.
Cette extension du réseau accompagne une ambition économique plus large portée par le PND 2026-2030. Le gouvernement ivoirien souhaite faire passer la contribution du secteur numérique à la création de richesse de 6 à 8 % actuellement à une fourchette de 12 à 15 % du PIB à l'horizon 2030. La stratégie prévoit également d'augmenter fortement la couverture du territoire. Le taux de couverture nationale en 4G, qui était de 65 % en 2024, doit atteindre 100 % en 2030. La proportion de la population utilisant Internet doit pour sa part passer de 40,7 % en 2024 à 60 %.
Un marché qui s'élargit pour les acteurs numériques
L'extension de la connectivité rurale crée aussi un nouvel espace pour les entreprises technologiques ivoiriennes. Fintechs, plateformes de commerce, services numériques, solutions agricoles ou applications destinées aux professionnels peuvent progressivement s'adresser à des populations jusque-là moins bien connectées.
Le potentiel est particulièrement important dans les secteurs où le numérique peut réduire les distances. Un agriculteur peut accéder à des informations ou à des services financiers sans se rendre systématiquement en ville. Un commerçant peut élargir sa clientèle. Une petite entreprise peut utiliser des outils numériques auparavant difficiles d'accès.
La prochaine phase du programme devra donc permettre de mesurer non seulement le nombre de localités couvertes, mais aussi l'utilisation effective de ces infrastructures.
Avec 575 localités rurales ciblées, la Côte d'Ivoire élargit progressivement la base sur laquelle peut se développer son économie numérique. L'objectif fixé pour 2030 est désormais clairement affiché : faire du numérique un secteur pesant jusqu'à 15 % du PIB.