La cérémonie organisée au 26e étage de l’immeuble Postel 2001 a réuni les principales administrations concernées, des acteurs financiers, les opérateurs télécoms, des entreprises du numérique ainsi que plusieurs partenaires techniques et financiers. Les termes de référence prévoyaient la mobilisation de 93 participants autour de cette étude.
Le projet ne consiste pas à créer un système isolé supplémentaire. L’étude doit d’abord dresser un état des lieux des actifs disponibles, notamment le Registre national des personnes physiques (RNPP), les dispositifs de l’ONECI, les infrastructures mutualisées de l’État et différents référentiels sectoriels, afin d’identifier ce qui peut être réutilisé et interconnecté.
Cette orientation a été rappelée par le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique lors de la cérémonie : « Il ne s’agit donc pas d’ajouter une plateforme de plus. Il s’agit, dans un souci de bonne utilisation de la dépense publique, d’évaluer objectivement l’existant, de déterminer ce qui peut être réutilisé, ce qui doit être renforcé et ce qui reste à construire. »
De l’authentification aux justificatifs numériques
Le périmètre de l’étude dépasse la seule vérification de l’identité. La future infrastructure pourrait également permettre de vérifier des attributs et des justificatifs numériques, comme un diplôme, un permis, une affiliation, un document d’état civil ou une attestation sociale.

Le principe consiste à permettre à une source légitime d’émettre ces justificatifs, à leur titulaire de les présenter et à une administration ou un fournisseur de services autorisé de les vérifier de manière fiable. Cette approche doit notamment limiter la circulation répétée de documents lorsque les informations peuvent déjà être vérifiées auprès d’une source habilitée.
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Les cas d’usage envisagés couvrent un large éventail de services. L’étude doit notamment examiner les besoins liés à l’état civil, aux prestations sociales, à la santé, aux transports, à l’éducation, aux services fiscaux, au commerce, aux services financiers et aux télécommunications. Des acteurs comme la CNAM, les banques, Orange Côte d’Ivoire, MTN Côte d’Ivoire, Moov Africa Côte d’Ivoire, Wave et Djamo figurent parmi les parties prenantes identifiées.

Pour le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, cette infrastructure doit répondre à une exigence qui dépasse la seule modernisation administrative : « La réussite de cette transformation reposera, en définitive, sur notre capacité à établir un environnement numérique digne de confiance, fondé notamment sur une identité fiable, des mécanismes d’authentification appropriés et des garanties solides. »
Une étude jusqu’en janvier 2027 avant les décisions
La sécurité et la protection des données constituent également des axes importants du projet. Les travaux devront notamment examiner les différents niveaux d’assurance pour l’authentification, les mécanismes de cybersécurité, la minimisation des données échangées et la limitation des risques liés à la corrélation des usages.
Le ministre de la Transition numérique a également fixé plusieurs critères devant guider l’étude : réutilisation de l’existant, sécurité, souveraineté, interopérabilité, protection des données personnelles, coûts, soutenabilité, compétences nationales et simplicité d’usage. Le gouvernement attend à terme une architecture, une gouvernance et une trajectoire opérationnelle permettant de passer du diagnostic à la mise en œuvre.
Les travaux doivent se poursuivre jusqu’à la fin janvier 2027. Les consultations principales débutent à Abidjan à partir du 5 octobre, avant les phases de diagnostic, d’analyse des scénarios, d’étude économique et de consolidation des recommandations. Le rapport devra notamment comparer les options possibles et proposer une trajectoire accompagnée de prérequis institutionnels, réglementaires, techniques et économiques.