Depuis plusieurs années, une grande partie des investissements technologiques africains se concentre principalement autour de quelques écosystèmes comme le Nigeria, le Kenya, l’Égypte ou l’Afrique du Sud. Résultat : de nombreux entrepreneurs situés dans d’autres marchés africains peinent encore à accéder aux financements dès les premières phases de développement.
C’est précisément ce déséquilibre que Digital Africa cherche désormais à corriger. L’organisation soutenue par la France vient d’annoncer le lancement d’un fonds de 57 millions de dollars destiné à financer les startups technologiques africaines en phase d’amorçage.
Santé, IA, climat : les secteurs ciblés
Le nouveau dispositif vise principalement les startups développant des solutions technologiques dans plusieurs secteurs stratégiques.
Parmi les domaines ciblés figurent notamment :
• la santé
• l’intelligence artificielle
• les technologies climatiques
• les infrastructures numériques
• les solutions à impact social
Digital Africa souhaite intervenir principalement au stade pré-seed et seed, une phase souvent considérée comme la plus difficile pour les jeunes startups africaines.
L’organisation explique vouloir aider davantage les entrepreneurs à transformer leurs premières idées en entreprises capables de grandir à l’échelle continentale.
Les marchés africains “oubliés” dans le viseur
L’une des particularités du fonds concerne également sa géographie d’investissement. Selon Digital Africa, le programme ciblera particulièrement une vingtaine de pays africains généralement moins financés par les grands investisseurs internationaux. Depuis plusieurs années, l’organisation alerte sur la forte concentration des capitaux dans les “Big Four” africains.
D’après les données mises en avant par Digital Africa, près de 79 % des financements tech du continent sont encore captés par seulement quatre grands hubs technologiques africains. L’objectif est donc de permettre l’émergence de nouveaux pôles d’innovation technologique sur le continent.
Un fonds pensé pour les premiers stades
Contrairement à plusieurs grands fonds de venture capital qui interviennent sur des startups déjà matures, Digital Africa veut surtout renforcer le financement des premiers stades.
À travers son programme FUZE, l’organisation finance déjà des startups africaines avec des tickets allant jusqu’à 100 000 euros. Le nouveau fonds vient désormais renforcer cette stratégie plus large de soutien à l’écosystème startup africain.
Au-delà du capital, Digital Africa promet également :
• de l’accompagnement stratégique
• un accès à des réseaux d’experts
• des connexions avec d’autres investisseurs
• des outils de structuration pour les startups financées
La bataille du financement africain continue de se transformer
Le lancement de ce fonds intervient dans un contexte où le financement des startups africaines traverse une phase de réorganisation.
Après plusieurs années de forte croissance, les investisseurs deviennent plus prudents et plus sélectifs.
Dans le même temps, de nouvelles tendances apparaissent :
• davantage d’intérêt pour l’IA et la climate tech
• montée des financements early-stage
• volonté de financer des marchés africains moins exposés
• recherche de startups capables de résoudre des problématiques locales fortes
Pour Digital Africa, l’enjeu dépasse désormais le simple financement.
Il s’agit aussi de contribuer à construire une nouvelle génération de startups africaines capables de créer des infrastructures technologiques adaptées aux réalités du continen