Pour cette 10e cohorte, Google a sélectionné des startups opérant dans la fintech, l’intelligence artificielle, la mobilité, l’agriculture digitale ou encore les infrastructures de données.
La liste comprend :
• Anda Africa (Angola), une plateforme de mobilité et de fintech destinée aux moto-taxis informels grâce à un système de scoring crédit basé sur l’IA.
• Bani (Nigeria), qui développe une infrastructure de paiements transfrontaliers pour les entreprises africaines.
• Coamana (Kenya), spécialisée dans la digitalisation des marchés alimentaires informels.
• Duck (Kenya), une plateforme d’intelligence de données en temps réel pour les marques de consommation.
• Emaisha Pay (Ouganda), qui aide les agro-commerçants à gérer leurs paiements multidevises et accéder au financement.
• Loop (Afrique du Sud), une plateforme de mobilité et de paiements numériques.
• Maad (Sénégal), qui accompagne les marques de consommation grâce à une intelligence de marché alimentée par l’IA.
• MasteryHive AI (Nigeria), spécialisée dans l’automatisation de la détection de fraude, du rapprochement bancaire et de la surveillance AML.
• Meditect (Côte d’Ivoire), qui numérise les pharmacies africaines grâce au cloud et à la donnée temps réel.
• Regxta (Nigeria), une plateforme de scoring alternatif pour les micro-entreprises non bancarisées.
• ReportsAI (Kenya), qui transforme les données brutes en rapports intelligents pour les organisations à impact.
• Safiri (Tanzanie), qui construit des infrastructures numériques pour le transport africain.
• Termii (Nigeria), une infrastructure de communication IA pour les banques et fintechs.
• Vambo AI (Afrique du Sud), qui développe des modèles IA multilingues adaptés aux langues africaines.
• VunaPay (Kenya), une infrastructure fintech destinée aux coopératives agricoles et petits exploitants.
Une domination claire des hubs anglophones
Ce qui frappe immédiatement dans cette cohorte, c’est la domination des écosystèmes anglophones. Le Nigeria, le Kenya et l’Afrique du Sud concentrent à eux seuls la majorité des startups sélectionnées. Le Kenya place quatre startups dans le programme, le Nigeria également, tandis que l’Afrique du Sud en compte deux. Face à cette domination, l’Afrique francophone apparaît très peu représentée.
Seules deux startups issues de marchés francophones subsahariens figurent dans cette cohorte :
Maad au Sénégal et Meditect en Côte d’Ivoire.
Une présence encore marginale alors même que les écosystèmes francophones connaissent depuis plusieurs années une forte montée en puissance, notamment en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Bénin, au Togo ou au Cameroun.
Le problème n’est plus le manque de talents
Cette sous-représentation ne traduit pas forcément une absence d’innovation.L’Afrique francophone produit aujourd’hui des fintechs solides, des startups IA, des plateformes SaaS et des solutions logistiques capables de rivaliser avec plusieurs acteurs anglophones.
Mais plusieurs obstacles continuent de limiter leur visibilité internationale :
barrière linguistique, accès plus limité aux réseaux de venture capital mondiaux, faible exposition médiatique internationale ou encore connexions réduites avec les grands programmes anglo-saxons. Dans la tech mondiale actuelle, la qualité du produit ne suffit plus toujours.
La capacité à accéder aux bons réseaux devient presque aussi stratégique que la technologie elle-même.
Google semble désormais miser sur les infrastructures invisibles
La majorité des startups retenues ne développent plus seulement des applications grand public. Google semble désormais privilégier notamment les infrastructures de paiement, la donnée, les outils IA, les systèmes de communication financière, les plateformes B2B ou encore les infrastructures agricoles numériques.
Autrement dit, les investisseurs et accélérateurs commencent progressivement à parier moins sur les applications visibles… et davantage sur les couches invisibles capables de faire fonctionner l’économie numérique africaine.
L’intelligence artificielle devient le nouveau standard
Presque toutes les startups retenues utilisent aujourd’hui l’intelligence artificielle comme couche technologique centrale. Scoring financier, traduction multilingue, analyse de données, détection de fraude ou automatisation : l’IA devient progressivement le nouveau langage obligatoire de la startup africaine moderne.
Mais cette évolution soulève aussi une autre question. L’Afrique construit-elle réellement ses propres infrastructures IA… ou devient-elle surtout une couche d’adaptation locale alimentée par les technologies cloud et les modèles développés hors du continent ?
Car aujourd’hui encore, les infrastructures lourdes de calcul, les GPUs, les grands modèles IA et les plateformes cloud restent majoritairement contrôlés par des groupes étrangers.
Une sélection qui révèle la nouvelle hiérarchie de la tech africaine
Au fond, cette cohorte Google Accelerator 2026 raconte beaucoup plus qu’un simple programme d’accompagnement. Elle révèle la nouvelle géographie du pouvoir technologique africain.
Les hubs anglophones continuent de dominer les circuits internationaux de financement, de visibilité et d’accélération. Pendant ce temps, l’Afrique francophone cherche encore à transformer son potentiel entrepreneurial en véritable puissance visible dans les grands réseaux mondiaux de la tech.
Et dans cette bataille silencieuse de la visibilité, les prochains défis ne seront peut-être plus seulement technologiques… mais aussi géopolitiques, linguistiques et stratégiques.