Alors que la fintech africaine est largement dominée par le mobile, une partie du problème reste ancrée dans le physique. L’accès au cash, les dépôts et les retraits continuent de structurer les usages quotidiens. C’est sur cette réalité que KaliSpot construit sa stratégie.
Ces équipements, conçus comme des infrastructures interopérables, permettent d’effectuer des opérations de dépôt et de retrait en lien avec les banques, les opérateurs de mobile money et les fintechs. L’objectif consiste à faciliter les opérations de cash-in et cash-out, encore essentielles dans de nombreux pays.
Un modèle à la frontière du cash et du digital
KaliSpot se positionne sur un segment souvent négligé dans l’écosystème, celui des infrastructures physiques connectées. Là où de nombreuses startups misent uniquement sur le digital, l’entreprise fait le pari d’un modèle hybride, capable de relier les flux de liquidités à l’économie numérique.
Ses automates fonctionnent comme des points d’accès multiservices disponibles en continu, permettant aux utilisateurs d’interagir avec plusieurs systèmes financiers à partir d’un même terminal.
Fondée par le Sénégalais Mika Diol, Kalispot a annoncé en Décembre 2025, une levée de fonds de 4 millions de dollars, combinant dette et capitaux propres, afin d’accélérer le déploiement de son réseau d’automates financiers à travers plusieurs marchés africains.
La startup est déjà présente dans plusieurs pays, notamment le Sénégal, le Mali, le Togo, le Bénin, le Congo-Brazzaville, la RDC et le Maroc. Elle prévoit d’étendre son réseau à de nouveaux marchés, dont la Côte d’Ivoire, le Gabon et la Guinée dès 2026.
Cette stratégie traduit une ambition claire, construire une infrastructure financière capable d’opérer à l’échelle régionale, tout en s’adaptant aux spécificités locales.
Un signal de crédibilité avec l’arrivée de Sékou Dramé
Le tour de table est également marqué par l’entrée au capital de Sékou Dramé, ancien directeur général du groupe Sonatel. Sa présence renforce la crédibilité du projet, dans un secteur où la maîtrise des infrastructures et des régulations reste déterminante.
Au-delà de l’apport financier, cette arrivée illustre l’intérêt croissant d’acteurs expérimentés pour les modèles hybrides à l’interface entre télécoms, finance et technologie.
Repenser l’inclusion financière par les infrastructures
Dans un contexte où le mobile money a largement progressé, la question de l’accès physique aux services financiers reste centrale, notamment dans les zones moins desservies. KaliSpot s’inscrit dans cette logique en proposant une infrastructure capable d’étendre la capillarité des services financiers.
Cette approche rappelle une réalité souvent sous-estimée, la digitalisation ne remplace pas le cash, elle le transforme. Et les acteurs capables de connecter ces deux mondes pourraient jouer un rôle structurant dans l’évolution de l’écosystème fintech africain.