Obtenir un financement ne dépend pas uniquement de la qualité d'une idée. Structuration du projet, capacité de remboursement, business plan, santé financière ou encore erreurs à éviter. Dans cet entretien, un expert de FABA Finance revient sur les principaux critères qui déterminent l'accès au crédit et explique comment les outils numériques transforment progressivement le financement des entrepreneurs africains.
StartUp Médias : Pour commencer, selon vous, quelle est l'erreur que commettent le plus souvent les entrepreneurs lorsqu'ils recherchent un financement ?
Herman Nekar :
L'erreur la plus fréquente consiste à considérer le financement comme la solution à un problème de trésorerie. En réalité, il est la conséquence d'un projet solide et bien préparé.
Beaucoup d'entrepreneurs sollicitent un financement lorsque leur trésorerie est déjà sous tension ou lorsque leur besoin devient urgent. Pourtant, les établissements financiers analysent avant tout la capacité future de l'entreprise à générer des flux de trésorerie, bien plus qu'un besoin immédiat de liquidités.
Le financement est avant tout la conséquence d'un projet bien préparé
Une autre erreur est de se focaliser uniquement sur le montant recherché sans choisir le type de financement le plus adapté. Il est indispensable d'aligner la nature du projet, la durée du financement et la capacité de remboursement afin de préserver l'équilibre financier de l'entreprise.
Enfin, de nombreux dossiers sont refusés parce qu'ils sont insuffisamment structurés : états financiers incomplets, business plan peu convaincant, prévisions irréalistes ou absence d'indicateurs démontrant la rentabilité du projet.
StartUp Médias : Beaucoup pensent qu'avoir un bon projet suffit pour obtenir un crédit. Pourquoi cette idée est-elle souvent fausse ?
Herman Nekar :
Un bon projet constitue une base indispensable, mais il ne garantit pas l'obtention d'un financement.
Les banques et les institutions financières ne financent pas uniquement une idée. Elles évaluent avant tout la capacité de l'entreprise à rembourser le crédit sollicité.
Les banques financent avant tout la capacité de remboursement
Au-delà du projet lui-même, elles examinent la solidité financière de l'entreprise, la crédibilité du business plan, les flux de trésorerie prévisionnels, le niveau d'endettement, les garanties proposées ainsi que la qualité de la gouvernance.
StartUp Médias : À quel moment un projet devient-il réellement finançable ?
Herman Nekar :
Un projet devient réellement finançable lorsqu'il démontre sa viabilité économique, sa capacité à générer de la trésorerie et sa maîtrise des risques.
Un projet devient finançable lorsqu'il démontre sa viabilité
L'entrepreneur doit pouvoir présenter un modèle économique clair, un marché identifié, une équipe capable d'exécuter le projet, des hypothèses financières réalistes ainsi qu'une stratégie crédible de remboursement.
StartUp Médias : Quels sont les trois premiers éléments qu'un analyste financier regarde lorsqu'il reçoit un dossier ?
Herman Nekar :
Nous analysons d'abord la situation financière de l'entreprise à travers le compte de résultat, le bilan et les flux de trésorerie.
Ensuite, nous évaluons la capacité de remboursement à partir des flux générés par l'activité et des prévisions financières.
Une jeune entreprise peut également convaincre un financeur
Enfin, nous vérifions la cohérence du projet : le besoin de financement, l'utilisation des fonds, le marché visé, le modèle économique et les risques associés.
StartUp Médias : Est-il possible d'obtenir un financement même lorsque son entreprise est jeune ou génère encore peu de chiffre d'affaires ?
Herman Nekar :
Oui. Une entreprise récente peut obtenir un financement, mais l'analyse sera différente.
En l'absence d'historique financier suffisant, le financeur accordera davantage d'importance à la qualité du projet, au potentiel du marché, au modèle économique ainsi qu'à l'expérience et à la capacité de l'équipe dirigeante à concrétiser son ambition.
L'engagement personnel du promoteur constitue également un élément rassurant pour les investisseurs.
StartUp Médias : Selon votre expérience, quelles sont les raisons les plus fréquentes qui conduisent au refus d'une demande de financement ?
Les refus sont généralement liés à plusieurs insuffisances.
Les principales concernent un dossier mal préparé, des informations financières incomplètes, des prévisions excessivement optimistes ou un business plan qui ne démontre pas clairement la rentabilité du projet.
Les refus résultent rarement d'un seul facteur
S'y ajoutent parfois une trésorerie insuffisante, un niveau d'endettement déjà élevé ou encore des risques importants liés au marché, au modèle économique, à la gouvernance ou aux garanties proposées.
StartUp Médias : Existe-t-il des erreurs qui auraient pu être évitées simplement avec un meilleur accompagnement ?
Herman Nekar :
Absolument.
Beaucoup d'entrepreneurs sollicitent un financement sans avoir suffisamment préparé leur dossier ou structuré leurs prévisions financières.
L'objectif n'est pas simplement de déposer une demande, mais de construire un dossier cohérent qui reflète la réalité économique de l'entreprise et inspire confiance.
Chez FABA FINANCE, nous accompagnons précisément cette étape grâce à un scoring du risque de crédit et à une application qui guide l'entrepreneur dans la constitution complète de son dossier de financement.
« Un chiffre d'affaires élevé ne signifie pas forcément une bonne santé financière »
StartUp Médias : Beaucoup d'entrepreneurs confondent chiffre d'affaires et santé financière. Quelle est la différence ?
Herman Nekar :
Le chiffre d'affaires mesure uniquement le volume des ventes réalisées.
La santé financière est une notion beaucoup plus large. Elle repose sur la rentabilité, la trésorerie, la structure financière, le niveau d'endettement, le besoin en fonds de roulement et la capacité de remboursement.
StartUp Médias : Que doit contenir un bon dossier de financement ?
Herman Nekar :
Un dossier efficace doit être clair, structuré et cohérent.
Il doit présenter l'entreprise, son modèle économique, son besoin de financement, des informations financières fiables, des prévisions réalistes ainsi qu'une analyse des risques accompagnée des mesures prévues pour les maîtriser.
StartUp Médias : Quels conseils donneriez-vous à un entrepreneur qui envisage de solliciter un financement dans les six prochains mois ?
Herman Nekar :
Je recommande d'abord de télécharger l'application FABA FINANCE afin de bénéficier d'un accompagnement structuré.
Un dossier doit inspirer confiance dès la première lecture
Ensuite, il est essentiel d'anticiper. Une demande de financement ne doit jamais être préparée dans l'urgence.
Enfin, il faut fiabiliser ses informations financières, mettre à jour ses états financiers, construire des prévisions réalistes et démontrer clairement sa capacité de remboursement.
« Les startups disposent aujourd'hui de davantage d'options de financement »
StartUp Médias : Les banques sont-elles plus ouvertes aux startups qu'auparavant ?
Herman Nekar :
Les banques restent prudentes vis-à-vis des jeunes entreprises en raison de leur historique limité.
En revanche, les financements alternatifs — capital-risque, investisseurs privés et autres mécanismes de financement de l'innovation — offrent aujourd'hui davantage d'opportunités.
Pour une startup, les financeurs regardent surtout la qualité du modèle économique, le potentiel du marché, la capacité d'exécution de l'équipe fondatrice, les premiers indicateurs de traction et les perspectives de croissance.
« Les fintechs démocratisent progressivement l'accès au financement »
StartUp Médias : Comment les outils numériques peuvent-ils améliorer l'accès au financement en Afrique ?
Herman Nekar :
Les fintechs lèvent progressivement les barrières qui limitaient l'accès au crédit.
Grâce à la digitalisation, elles démocratisent l'accès à l'information, renforcent l'éducation financière et permettent d'automatiser des processus comme le scoring crédit ou la constitution d'un dossier de financement.
Elles réduisent également les délais de traitement tout en améliorant l'expérience des entrepreneurs comme celle des institutions financières.
StartUp Médias : Quel rôle joue l'éducation financière dans la réussite d'un entrepreneur ?
Herman Nekar :
Elle est fondamentale.
Un entrepreneur qui maîtrise les notions financières comprend mieux ses états financiers, suit sa trésorerie, anticipe ses besoins de financement et évalue plus efficacement la rentabilité de ses investissements.
Le financement est avant tout une question de préparation et de crédibilité
Au-delà de l'accès au crédit, cette maîtrise permet d'anticiper les difficultés, de mieux gérer les risques et de prendre des décisions éclairées.
StartUp Médias : Si vous pouviez corriger une seule idée reçue sur le financement, laquelle choisiriez-vous ?
Herman Nekar :
L'idée selon laquelle il suffit d'avoir une bonne idée pour obtenir un crédit est probablement la plus répandue.
En réalité, le financement est avant tout une question de préparation, de crédibilité et de capacité à démontrer que le projet créera de la valeur tout en générant les flux nécessaires au remboursement des fonds mobilisés.
C'est cette démonstration qui fait la différence entre un projet simplement prometteur et un projet réellement finançable.