Vous avez oublié votre portefeuille ? Votre téléphone est déchargé ? Avec MainMoney, ces situations pourraient ne plus empêcher un paiement. La fintech congolaise expérimente à Kinshasa une nouvelle manière de régler une transaction : présenter simplement la paume de sa main devant un scanner.
La technologie utilisée repose sur la biométrie des veines palmaires. Un dispositif utilisant une lumière proche infrarouge identifie le réseau veineux situé à l’intérieur de la paume. L’identité ainsi reconnue permet ensuite d’associer la transaction au moyen de paiement enregistré par l’utilisateur. Pas de carte à insérer, pas de téléphone à sortir et pas de code PIN à saisir au moment du paiement.
Une technologie au service de plusieurs moyens de paiement
Le paiement palmaire constitue la solution la plus visible de MainMoney, mais la fintech ne construit pas son écosystème autour de cette seule technologie. Sa plateforme regroupe plusieurs possibilités de paiement. PalmPay permet de payer avec la paume, tandis que QRPay repose sur le QR code et PhonePay utilise le téléphone. MainMoney prévoit également un portefeuille capable de réunir différents moyens de paiement, notamment le Mobile Money et les cartes bancaires.
La fintech développe aussi Likelemba Digital, qui transpose le principe de la tontine traditionnelle dans un environnement numérique. Cette combinaison montre que MainMoney cherche surtout à proposer plusieurs portes d’entrée vers le paiement numérique, selon les équipements disponibles et les habitudes des utilisateurs.
Kinshasa comme terrain d’expérimentation
La solution est actuellement déployée à Kinshasa, avec notamment des expérimentations auprès de commerçants et sur des campus.
L’intérêt du paiement palmaire tient à son fonctionnement : l’utilisateur n’a pas besoin de transporter un support physique ni de disposer de son téléphone au moment de la transaction. Sa biométrie devient le moyen d’authentification. Cette approche pourrait être particulièrement intéressante dans les environnements où les paiements numériques progressent rapidement mais restent encore fortement dépendants du téléphone, des applications et des différents portefeuilles électroniques.
Le projet est porté par Sylvain Mubenga, fondateur de MainMoney, mais l’enjeu dépasse son parcours personnel : il s’agit surtout de voir si une technologie biométrique peut trouver une place concrète dans les usages quotidiens de paiement en RDC.
Le défi sera de gagner la confiance des utilisateurs
Le paiement avec la paume apporte une expérience différente, mais il soulève aussi des questions importantes. La première concerne les données biométriques. Contrairement à une carte ou à un téléphone, une donnée biométrique ne peut pas simplement être remplacée si elle est compromise. La manière dont ces informations sont collectées, stockées et protégées sera donc déterminante pour la confiance des utilisateurs.
Il faudra également convaincre les commerçants d’adopter les équipements nécessaires et garantir que le système reste suffisamment fiable dans les conditions réelles d’utilisation. MainMoney souhaite faire de la biométrie une nouvelle interface entre les consommateurs et leurs moyens de paiement.
À Kinshasa, le portefeuille pourrait donc progressivement quitter la poche et le téléphone pour se retrouver… dans la paume de la main.