Le coût des paiements électroniques constitue encore un frein pour de nombreux commerçants africains. Au Maroc, les autorités espèrent lever cet obstacle en réduisant les frais appliqués aux transactions par carte bancaire afin de favoriser l'adoption des paiements numériques.
Bank Al-Maghrib baisse les frais des paiements par carte
La Banque centrale marocaine, Bank Al-Maghrib, a approuvé une réduction significative des frais d'interchange appliqués aux paiements domestiques par carte bancaire. Concrètement, les frais sur les cartes de débit passeront de 0,65 % à 0,50 %, tandis que ceux appliqués aux cartes de crédit seront ramenés de 0,95 % à 0,70 %. Cette nouvelle tarification devrait entrer en vigueur au cours de l'année 2026.
Cette décision vise à réduire le coût des paiements électroniques pour les commerçants et à encourager une adoption plus large des paiements par carte.
Encourager les commerçants à abandonner progressivement le cash
À chaque transaction réalisée par carte bancaire, le commerçant supporte des frais qui sont ensuite répartis entre les banques et les prestataires de paiement. Lorsque ces coûts sont jugés trop élevés, certains commerçants préfèrent continuer à privilégier les paiements en espèces ou répercutent ces frais sur leurs clients.
En réduisant les commissions d'interchange, les autorités marocaines souhaitent rendre les paiements électroniques plus attractifs, notamment pour les petites et moyennes entreprises dont les marges restent limitées. L'objectif est également d'élargir l'acceptation des cartes bancaires dans le commerce de proximité.
Une réforme préparée depuis plusieurs années
Cette évolution est l'aboutissement d'un processus engagé il y a plusieurs années. Le Conseil de la concurrence avait alerté sur le niveau élevé des frais d'interchange, estimant qu'ils freinaient le développement des paiements électroniques et limitaient la concurrence entre les acteurs du secteur.
Depuis, Bank Al-Maghrib, les banques et les différents opérateurs de paiement ont travaillé à la révision du modèle tarifaire afin de rendre l'écosystème plus compétitif.
Accélérer la transformation numérique du Maroc
Cette mesure s'inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des infrastructures de paiement du Royaume.
Au cours des dernières années, le Maroc a multiplié les initiatives pour développer les services bancaires numériques, soutenir les fintechs et encourager les paiements électroniques auprès des particuliers comme des entreprises. La baisse des frais de traitement constitue un levier supplémentaire pour lever l'un des principaux obstacles à l'adoption des paiements digitaux, en particulier chez les PME.
Un signal pour les autres marchés africains
Au-delà du Maroc, cette réforme pourrait inspirer d'autres pays du continent confrontés au même défi de développer les paiements numériques tout en maîtrisant les coûts supportés par les commerçants. Alors que plusieurs États africains accélèrent leur transition vers une économie moins dépendante des espèces, la réduction des frais d'interchange apparaît comme un outil stratégique pour stimuler l'adoption des paiements électroniques, renforcer l'inclusion financière et soutenir le développement de l'économie numérique.