Les producteurs maraîchers sont régulièrement confrontés aux attaques de ravageurs et aux maladies qui affectent leurs cultures. Pour limiter les pertes, les traitements chimiques restent largement utilisés, avec des enjeux liés à leur coût, à leur manipulation et à leurs effets potentiels sur la santé et l’environnement lorsqu’ils sont mal utilisés.
C’est dans ce contexte que Meingue Ndiaye, agronome spécialisée en production de semences, a créé la startup Sen Biopest. L’entreprise sénégalaise travaille actuellement à la mise au point de solutions naturelles destinées à la protection des cultures, en s’appuyant notamment sur des plantes aromatiques et différentes ressources végétales disponibles localement.
L’objectif est de développer des produits adaptés aux réalités des producteurs sénégalais et de contribuer progressivement à réduire leur dépendance aux pesticides chimiques.
Des biopesticides issus des ressources végétales locales
Les travaux de Sen Biopest portent notamment sur le développement de biopesticides et d’huiles essentielles issus de plantes présentant un potentiel pour la protection des cultures. L’entreprise combine recherche, expérimentation et retours des producteurs afin d’améliorer progressivement ses solutions.
Parmi les produits développés figure Neem Power, un biopesticide qui a fait l’objet d’essais scientifiques au laboratoire de phytopathologie et de malherbologie de la Direction de la Protection des Végétaux (DPV) du Sénégal. Ces essais ont notamment porté sur Alternaria solani, un champignon responsable de l’alternariose de la tomate. Cette phase d’expérimentation doit permettre à Sen Biopest de mieux évaluer le potentiel de ses solutions et de poursuivre leur développement.
Pour Meingue Ndiaye, cette démarche repose sur une volonté de partir des ressources disponibles au Sénégal pour répondre à des problèmes rencontrés directement sur le terrain.
Les femmes rurales au centre d’un volet de sensibilisation
Le projet de Sen Biopest comprend également un volet consacré aux femmes rurales. L’entreprise considère que leur rôle dans les activités agricoles doit s’accompagner d’une meilleure sensibilisation aux risques liés à la manipulation des produits phytosanitaires.
Des actions de formation portent notamment sur la manipulation sécurisée des produits, l’utilisation correcte des équipements de protection individuelle, les bonnes pratiques agricoles et la réduction des risques liés à l’exposition aux produits chimiques. Sen Biopest souhaite également contribuer au renforcement des capacités et à l’autonomisation des femmes productrices. Cette dimension complète le travail de recherche mené sur les alternatives naturelles aux pesticides.
La prochaine étape pour Meingue Ndiaye et son équipe consiste à poursuivre les recherches, renforcer les capacités de production et développer de nouveaux partenariats. À plus long terme, Sen Biopest ambitionne d'adapter ses solutions à d’autres marchés africains, tout en conservant une approche fondée sur la valorisation des ressources locales.