L'Afrique compte de plus en plus de startups capables de transformer des travaux de recherche en innovations industrielles. Pourtant, ces projets peinent encore à accéder aux financements, aux laboratoires et aux réseaux nécessaires pour franchir le cap de la commercialisation. Open Startup entend désormais s'attaquer à ce défi.
Dix ans après sa création, Open Startup change d'échelle
Créée en Tunisie en 2016, Open Startup célèbre son dixième anniversaire en dévoilant une nouvelle orientation stratégique baptisée The Science Road. Cette initiative marque une évolution importante pour l'organisation panafricaine, qui souhaite désormais accompagner plus spécifiquement les startups issues de la recherche scientifique et de la DeepTech.
Depuis sa création, Open Startup est passée d'un concours universitaire consacré à l'entrepreneuriat à une plateforme d'accompagnement présente dans plus de vingt pays africains. L'organisation affirme avoir soutenu plus de 3 000 entrepreneurs, accompagné plus de 1 000 startups, constitué une communauté de 500 mentors et experts et formé plus de 300 coachs à travers le continent.
Une nouvelle feuille de route pour la science africaine
Avec The Science Road, Open Startup souhaite rapprocher davantage les chercheurs, les entrepreneurs, les investisseurs, les universités et les entreprises.
L'objectif est d'aider les innovations scientifiques à sortir des laboratoires pour devenir des entreprises capables de répondre à des défis concrets dans des domaines comme la santé, le climat, l'intelligence artificielle, les biotechnologies ou encore les technologies de rupture.
Cette nouvelle plateforme regroupera l'ensemble des programmes de l'organisation autour d'un même parcours d'accélération afin d'accompagner les startups depuis les premières phases de développement jusqu'à leur préparation à l'investissement.
La DeepTech, un défi particulier pour les startups africaines
Contrairement aux startups numériques classiques, les entreprises de DeepTech doivent souvent consacrer plusieurs années à la recherche, aux essais techniques et au développement de leurs technologies avant d'arriver sur le marché.
Elles ont également besoin de financements plus patients, d'un accès aux laboratoires, d'une collaboration étroite avec les universités et d'un accompagnement spécifique pour transformer leurs découvertes en produits commercialisables.
C'est précisément cet espace qu'Open Startup souhaite occuper.
Deux parcours seront proposés : l'un destiné aux entrepreneurs en phase de pré-amorçage qui développent une innovation scientifique, l'autre consacré aux startups déjà financées qui souhaitent accélérer leur croissance.
Openers First, un nouveau bras d'investissement
L'organisation ne se limite pas à l'accompagnement.
Elle annonce également la création d'Openers First, un véhicule d'investissement destiné à financer certaines startups issues de son programme.
Cette nouvelle structure interviendra dès les premières étapes de développement afin d'aider les jeunes entreprises à franchir le passage souvent difficile entre la phase de recherche et les premiers tours de financement.
Construire des ponts entre la recherche et l'industrie
Open Startup entend également renforcer ses collaborations avec plusieurs institutions internationales, notamment CERI, Stellenbosch University et LaunchLab en Afrique du Sud.
Ces partenariats doivent permettre aux chercheurs africains d'accéder plus facilement aux marchés, aux investisseurs et aux entreprises capables de transformer leurs découvertes en solutions industrielles.
Une ambition qui dépasse l'accélération de startups
À travers The Science Road, Open Startup défend une vision plus large de l'innovation africaine.
L'organisation considère que le prochain cycle entrepreneurial du continent ne reposera pas uniquement sur les plateformes numériques ou les applications mobiles, mais aussi sur des technologies de rupture issues des laboratoires africains.
Santé, intelligence artificielle, climat, biotechnologies, robotique ou encore technologies industrielles pourraient ainsi constituer les prochains moteurs de création de valeur sur le continent.
En lançant cette nouvelle plateforme à l'occasion de ses dix ans, Open Startup envoie un signal fort : l'Afrique ne manque ni de chercheurs ni d'innovateurs. Le défi consiste désormais à construire les passerelles qui permettront à ces découvertes scientifiques de devenir des entreprises capables de rayonner sur les marchés internationaux.