L’intelligence artificielle est encore largement associée à la génération de contenus, aux assistants conversationnels ou à l’automatisation du service client. Dans le secteur financier, elle commence toutefois à investir un domaine beaucoup moins visible : la conformité réglementaire.
C’est précisément le terrain sur lequel travaille ProximaReg. La fintech marocaine fait partie des trois startups sélectionnées par BANK OF AFRICA dans le cadre de son partenariat avec le Morocco Fintech Center. Les premières expérimentations portent notamment sur la conformité, aux côtés de solutions développées par Sahl Financial et Daret.
ProximaReg développe des outils capables de suivre les nouvelles publications réglementaires et d’identifier les changements susceptibles d’avoir des conséquences sur les procédures internes des établissements financiers.
Lire les textes ne suffit plus
Pour une banque, la publication d'une nouvelle circulaire ou la modification d’une disposition réglementaire peut entraîner des ajustements dans les procédures, les contrôles ou les dispositifs de conformité. Le travail consiste donc non seulement à repérer les nouveaux textes, mais aussi à comprendre précisément ce qui a changé et quelles activités peuvent être concernées.
ProximaReg positionne son IA sur cette chaîne d’analyse. Sa plateforme indique notamment pouvoir lire, structurer, consolider et comparer les textes réglementaires, tout en maintenant chaque résultat rattaché à la disposition dont il est issu. L’outil est également conçu pour signaler lorsqu’une information n’est pas présente dans le texte plutôt que de la compléter automatiquement.
Cette approche répond à une difficulté centrale de l’IA appliquée à la conformité : produire une analyse exploitable sans perdre la traçabilité vers la source réglementaire.
BANK OF AFRICA passe de l’open innovation à l’expérimentation
L’expérimentation de ProximaReg intervient dans le cadre du partenariat conclu en avril 2026 entre BANK OF AFRICA et le Morocco Fintech Center. Le dispositif prévoit notamment un parcours « Fast-Track » destiné à accélérer l’identification et le test de solutions fintech dans les conditions réelles de la banque.
Avec ProximaReg, BANK OF AFRICA teste donc un usage de l’IA directement lié à l’une des fonctions les plus sensibles de son activité. La banque dispose déjà d’un dispositif de conformité couvrant notamment la lutte contre le blanchiment, le filtrage des sanctions, la protection des données et le suivi des exigences réglementaires applicables à ses différentes activités.
L’expérimentation permettra surtout de voir jusqu’où une IA spécialisée peut réduire le temps consacré à la surveillance réglementaire tout en conservant les exigences de contrôle et de traçabilité propres au secteur bancaire.
Au-delà du cas marocain, le développement de ce type de RegTech illustre une évolution importante de l’IA dans les services financiers. Après avoir automatisé certaines interactions avec les clients, elle commence désormais à s’attaquer à une autre tâche particulièrement chronophage : comprendre les règles qui encadrent les banques et détecter rapidement ce qui doit changer lorsqu’elles évoluent.