Le Sénégal vient de poser un montant qui ne passe pas inaperçu : 50 millions de dollars destinés au financement des startups. Annoncé dans le cadre du New Deal Technologique, ce fonds doit faciliter l'accès au capital des jeunes entreprises innovantes et renforcer l'attractivité de l'écosystème sénégalais.
Cette annonce intervient alors que le financement reste l'un des principaux points de friction pour les startups africaines. Les fonds disponibles sont concentrés sur quelques marchés et les entreprises en phase d'amorçage ou de pré-série A rencontrent encore des difficultés pour financer leur croissance. Le Sénégal ne part toutefois pas de zéro. La DER/FJ dispose déjà d'un Fonds de Soutien à l'Innovation de 3 milliards de FCFA, destiné à accompagner les projets innovants et à renforcer l'écosystème entrepreneurial national.
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Le pays a également renforcé les dispositifs de financement des PME. En avril 2026, la BIDC et la BNDE ont signé une nouvelle ligne de crédit de 20 milliards de FCFA dédiée aux PME sénégalaises. Dakar construit donc progressivement une chaîne de financement allant du démarrage à des phases plus avancées.
La Côte d'Ivoire n'est pas spectatrice
Faut-il pour autant considérer que les startups ivoiriennes sont en train de perdre du terrain ? Pas encore.
La Côte d'Ivoire dispose elle aussi de nouveaux instruments. CDC-CI Capital, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations de Côte d'Ivoire, a notamment lancé en 2026 un dispositif d'amorçage destiné aux startups et PME ivoiriennes. Huit premiers bénéficiaires ont déjà été présentés en mai. Autre signal important : le fonds EmergingTech Ventures Fund II, soutenu par Proparco, vise entre 60 et 80 millions de dollars et cible notamment les startups du Sénégal et de la Côte d'Ivoire, en particulier dans la deeptech, la fintech, la e-santé, l'edtech, l'agritech et les technologies propres.
La compétition ne se résume donc pas à la taille des fonds publics. Les investisseurs regardent aussi la profondeur du marché, la qualité des startups, la réglementation, les talents disponibles, les possibilités de sortie et la capacité des entreprises à se développer à l'échelle régionale. C'est précisément là que le sujet devient intéressant pour Abidjan.
Le vrai risque : laisser Dakar devenir plus attractif
Le Sénégal ne menace pas nécessairement la Côte d'Ivoire parce qu'il aurait soudainement « plus d'argent ». Le risque serait plutôt de voir se créer un écosystème plus lisible et plus agressif dans sa capacité à transformer l'argent public en croissance privée. Pour une startup, disposer d'un financement accessible peut faire la différence entre recruter ou attendre, lancer un produit ou retarder son développement, conquérir un marché ou laisser la place à un concurrent.
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Le SénégalPME propose déjà un guichet unique donnant accès à plus de 200 offres de financement, de formation et d'accompagnement pour les PME.
La Côte d'Ivoire devra donc regarder au-delà des montants annoncés. La question n'est plus seulement de savoir qui possède le plus gros fonds, mais qui construit le meilleur parcours pour faire passer une startup de l'idée au champion régional. Et sur ce terrain, la concurrence entre Abidjan et Dakar pourrait devenir beaucoup plus intéressante.