Il ne s'agit pas d'un classement officiel. Les chiffres varient selon la méthodologie et les retenus par chaque base de données. Nous avons privilégié Tracxn, qui permet d'utiliser une même méthode de comptage d'un pays à l'autre : le total des entreprises recensées par pays dans le secteur FinTech ', et non les seules entreprises répertoriées comme actives , un sous-ensemble plus restreint que Tracxn calcule séparément. Tracxn précise que sa base est alimentée par des données d'entreprises, de registres, de sources réglementaires et d'informations publiques, et qu'elle peut être filtrée par secteur et géographie. Données consultées en août 2026.
1. Cameroun, 112 fintechs
Avec 112 startups fintech recensées, le Cameroun arrive en tête de cette sélection selon les données Tracxn.
Le pays possède un écosystème particulièrement intéressant en Afrique centrale. Douala et Yaoundé concentrent une grande partie des acteurs, avec des entreprises comme Ejara, Maviance, Diool ou PaySika qui développent des solutions autour de l'investissement, des paiements, des infrastructures financières et des services numériques. Cette dynamique s'inscrit dans un marché où le mobile money occupe déjà une place importante, mais où l'accès aux services financiers reste encore largement perfectible.
Le Cameroun dispose également d'un avantage régional. En tant que principal marché économique de la CEMAC, il peut servir de point de départ à des fintechs souhaitant s'étendre vers le Gabon, le Congo, le Tchad, la République centrafricaine ou la Guinée équatoriale.
Le nombre élevé de fintechs ne signifie toutefois pas que toutes sont à un niveau de maturité comparable. La prochaine étape sera de voir combien d'entre elles parviendront à lever des capitaux et à franchir les frontières camerounaises.
2. Maroc, 95 fintechs
Le Maroc constitue l'une des principales surprises de ce classement avec 95 fintechs recensées par Tracxn.
Casablanca concentre une grande partie de cette activité et bénéficie d'un environnement financier particulièrement développé. Le pays dispose d'un secteur bancaire structuré, de Casablanca Finance City et d'un positionnement géographique qui lui permet de servir de passerelle entre l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient. Des entreprises comme NAPS, Karny ou L'bankalik illustrent la diversité des modèles développés sur le marché marocain.
Le Maroc cherche également à renforcer la structuration de son secteur fintech avec le Morocco FinTech Center, lancé en janvier 2025 par Bank Al-Maghrib et le ministère de la Transition numérique, qui réunit désormais une quinzaine de banques et institutions financières autour de l'accompagnement des startups.
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Le nombre de fintechs recensées par Tracxn est particulièrement intéressant à mettre en perspective avec d'autres estimations. Les différentes sources ne comptabilisent pas nécessairement les mêmes entreprises, ce qui explique les écarts importants parfois entre les chiffres publiés.
3. Côte d'Ivoire, 65 fintechs
Avec 65 fintechs recensées, la Côte d'Ivoire confirme la place centrale d'Abidjan dans l'écosystème numérique ouest-africain.
Le marché compte plusieurs entreprises qui ont déjà attiré des investisseurs internationaux, notamment Djamo, HUB2, Julaya et CinetPay. Cette capacité à faire émerger des acteurs financés distingue la Côte d'Ivoire de plusieurs marchés où le nombre de fintechs peut être élevé mais où les financements restent encore limités.
La réglementation joue également un rôle important. La mise en place du nouveau cadre des établissements de paiement dans l'UEMOA a permis de clarifier progressivement le statut des acteurs proposant des services de paiement — un mouvement dans lequel la Côte d'Ivoire et le Sénégal concentrent aujourd'hui la majorité des agréments délivrés par la BCEAO.
La Côte d'Ivoire bénéficie surtout d'un marché régional. Une fintech installée à Abidjan peut généralement utiliser le cadre communautaire de l'UEMOA pour développer ses activités dans plusieurs pays voisins.
Le pays combine ainsi volume d'acteurs, profondeur du secteur bancaire et potentiel d'expansion régionale.
4. Tunisie, 52 fintechs
La Tunisie compte 52 startups fintech selon Tracxn, avec notamment Konnect et Flouci parmi les acteurs les plus visibles. Le pays possède un écosystème startup plus ancien et relativement structuré, soutenu notamment par le Startup Act de 2018 et les initiatives de la Banque centrale de Tunisie.
La BCT travaille depuis plusieurs années à moderniser les paiements et à favoriser l'émergence de nouveaux acteurs, notamment via son bac à sable réglementaire lancé en 2020. Le marché tunisien dispose également d'une importante population connectée et d'un secteur bancaire suffisamment développé pour permettre aux fintechs de construire des services à valeur ajoutée.
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Le principal défi se situe désormais dans la capacité du pays à transformer cette base entrepreneuriale en entreprises capables d'attirer davantage de capitaux et de s'étendre à l'international.
5. Sénégal, 51 fintechs
Avec 51 fintechs recensées par Tracxn, le Sénégal talonne la Tunisie et avance nettement la RDC. Mais le nombre de startups ne raconte pas toute l'histoire. Dakar abrite en effet Wave, devenue en septembre 2021 la première licorne numéro de l'Afrique francophone après une levée de 200 millions de dollars, la plus importante série A jamais réalisée par une startup africaine à l'époque, pour une valorisation de 1,7 milliard de dollars.
Le Sénégal bénéficie également d'un environnement institutionnel relativement favorable, porté par la DER/FJ (Délégation générale à l'Entreprenariat rapide des femmes et des jeunes) et le Startup Act de janvier 2020, ainsi que plusieurs dispositifs destinés à accompagner les entrepreneurs. Le marché sénégalais montre ainsi qu'un écosystème n'a pas besoin de compter le plus grand nombre de fintechs pour produire un acteur de dimension internationale.
6. RDC, 27 fintechs
La République démocratique du Congo ferme ce Top 6 avec 27 fintechs recensées par Tracxn. Ce chiffre doit cependant être interprété avec prudence. Plusieurs sources sectorielles recensent davantage d'acteurs lorsqu'elles intègrent les plateformes de paiement, les services financiers numériques et certaines entreprises qui ne sont pas essentiellement classées de la même manière par les bases internationales.
Des entreprises comme MaishaPay ou VaultPay participent notamment à l'évolution du secteur. La RDC présente surtout une caractéristique qui pourrait devenir déterminante dans les prochaines années. Avec une population dépassant les 100 millions d'habitants et un accès encore limité aux services financiers formels, le potentiel de numérisation est immense.
Le pays pourrait donc passer relativement rapidement d'un écosystème encore peu dense à un marché fintech beaucoup plus important si les infrastructures, la réglementation et les financements suivent.
L'Algérie pourrait-elle entrer dans le Top 6 ?
C'est l'un des points qui méritent d'être surveillés. Selon le même référentiel Tracxn, l'Algérie compterait 34 startups fintech, soit davantage que les 27 recensées en RDC. Cela place donc les deux pays dans une situation particulièrement intéressante. Si l'on applique strictement le comptage Tracxn, l'Algérie pourrait prendre la sixième place.
Mais les données disponibles sur la RDC sont plus difficiles à comparer, car certaines études sectorielles recensent un nombre plus élevé d'acteurs lorsqu'elles utilisent une définition plus large de la fintech. Le choix entre la RDC et l’Algérie dépend donc en partie de la méthodologie retenue.
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Ndlr: Les données Tracxn consultées en août 2026. Classement non officiel, à visée indicative, les chiffres évoluent en continu sur la base Tracxn.
Le nombre de fintechs ne suffit pas à mesurer un écosystème
C'est probablement l'enseignement principal de ce classement. Le Cameroun compte davantage de fintechs que le Sénégal, mais le Sénégal possède Wave, une entreprise valorisée à plusieurs milliards de dollars. La Côte d'Ivoire compte moins de fintechs que le Cameroun, mais plusieurs de ses acteurs ont déjà levé des montants importants et ont commencé à se développer à l'échelle régionale.
Quant au Royaume Chérifien, il dispose d'un nombre élevé d'acteurs et d'un environnement financier particulièrement structuré, tandis que la RDC présente surtout un potentiel de croissance lié à la taille de son marché. Le nombre d'entreprises donne donc une indication sur la densité d'un écosystème. Il ne permet pas, à lui seul, de mesurer sa maturité, sa capacité de financement ou son potentiel d'expansion.
Le vrai classement sera peut-être celui des fintechs capables de changer d'échelle
Les données Tracxn permettent surtout de mesurer la taille apparente des écosystèmes. La prochaine question sera de savoir combien de ces entreprises parviendront à franchir les différentes étapes de croissance. Attirer des investisseurs, les agréments nécessaires, construire une base importante d'utilisateurs, obtenir la rentabilité puis s'étendre à plusieurs pays constituant des défis très différents.
C'est sûrement sur cette capacité à transformer un grand nombre de jeunes entreprises en quelques champions régionaux qui se joueront la prochaine bataille fintech en Afrique francophone. Et sur ce terrain, le classement pourrait être très différent dans cinq ans.