La deuxième édition d’Impact IA n’a pas seulement été consacrée aux stratégies nationales et aux grands projets technologiques. Le 10 septembre à Abidjan, la cérémonie officielle a aussi mis en lumière ceux qui auront à construire les solutions d’intelligence artificielle de demain : les étudiants. Douze étudiants ivoiriens ont reçu une bourse d’étude d’excellence en intelligence artificielle, accompagnée de la remise symbolique d’ordinateurs de haute qualité adaptés aux besoins de l’IA. Le geste a eu lieu lors de la cérémonie d’ouverture de la conférence, en présence du Premier ministre Robert Beugré Mambé et de plusieurs membres du gouvernement.
Cette initiative donne une dimension très concrète à la question des compétences, alors que la Côte d’Ivoire cherche à développer un écosystème national capable de concevoir et de déployer ses propres solutions d’IA.
Former ceux qui construiront les prochaines solutions ivoiriennes
La formation constitue l’un des axes majeurs de la stratégie numérique présentée lors d’Impact IA 2026. Le Plan d’accélération 2026-2028 du ministère de la Transition numérique et de l’Innovation technologique fait notamment du développement des compétences numériques l’un de ses piliers. La remise des bourses aux 12 étudiants prend donc place dans une politique plus large de développement du capital humain. Le ministère a également annoncé un partenariat avec AIVANCITY, notamment autour de la formation et du développement des compétences en intelligence artificielle.
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Pour l’écosystème startup, cette dimension est particulièrement importante. Une infrastructure technologique peut être achetée, une plateforme peut être développée et des services cloud peuvent être déployés. Mais la capacité à créer des solutions adaptées aux réalités ivoiriennes dépend aussi du nombre d’ingénieurs, de chercheurs, de développeurs et d’entrepreneurs capables de maîtriser ces technologies. Les 12 bénéficiaires représentent ainsi davantage qu’un groupe d’étudiants récompensés lors d’une cérémonie. Ils incarnent une partie du vivier de talents sur lequel la Côte d’Ivoire veut construire son écosystème IA.
L’ordinateur devient ici un outil de production
La particularité de cette initiative réside aussi dans la nature de l’accompagnement. Les étudiants ne reçoivent pas uniquement une bourse : ils bénéficient également d’un ordinateur adapté à l’intelligence artificielle.
Ce détail est important dans un domaine où l’accès aux outils de développement, aux environnements de programmation et aux capacités de calcul peut constituer une barrière pour les jeunes talents.
La Côte d’Ivoire cherche parallèlement à développer les fondations nécessaires à une IA nationale, notamment autour des données et des infrastructures. Le gouvernement a ainsi engagé un partenariat avec Mistral AI pour travailler sur ces différents volets et identifier des cas d’usage adaptés aux besoins du pays.
L’enjeu consiste désormais à faire en sorte que ces investissements dans les compétences produisent des applications concrètes.
Lors d’Impact IA, 11 cas d’usage prioritaires ont été identifiés dans cinq secteurs : administration publique, agriculture, santé, éducation et secteur privé. Ces domaines pourraient constituer autant de terrains d’expérimentation pour les futurs ingénieurs et entrepreneurs formés à l’IA.
Des étudiants aux futurs entrepreneurs de l’IA
La formation des talents prend une importance particulière alors que la Côte d’Ivoire veut faire émerger un véritable écosystème national autour de l’intelligence artificielle.
La conférence réunit justement des startups, entreprises, institutions, universités et acteurs de la recherche, tandis que la Clinique IA permet aux entreprises et startups de présenter leurs solutions et de rencontrer des décideurs publics et privés.
L’enjeu sera donc de créer une continuité entre ces différents acteurs : former un étudiant, lui donner les outils nécessaires, l’exposer aux problèmes réels du pays, puis lui permettre de transformer ses compétences en solution, en startup ou en projet de recherche.
C’est aussi le sens de la déclaration Impact IA 2026-2030, qui prévoit de renforcer les infrastructures et la souveraineté numériques, mais également de mobiliser les ressources nécessaires au financement et au déploiement des cas d’usage prioritaires.