Le financement des entreprises africaines déjà établies, mais qui ont besoin de capitaux importants pour accélérer leur développement, reste au cœur de nombreuses stratégies d’investissement sur le continent. C’est sur ce segment que se positionne Virunga Africa Fund II, un fonds géré par Admaius Capital Partners, qui vise une taille totale de 500 millions de dollars.
Le 15 octobre 2026, la Banque européenne d’investissement a publié une fiche présentant une participation envisagée de 85 millions de dollars, soit environ 76 millions d’euros, dans ce fonds. Le projet demeure toutefois à l’étude. Il ne s’agit donc pas encore d’un investissement définitivement approuvé ni de fonds déjà versés.
L’opération vise à renforcer l’accès au capital de croissance pour les entreprises africaines de taille intermédiaire. Contrairement au capital-risque, généralement associé au financement de jeunes entreprises innovantes, cette stratégie s’adresse à des sociétés disposant déjà d’une activité établie et souhaitant augmenter leurs capacités, pénétrer de nouveaux marchés ou consolider leur position concurrentielle.
Santé, éducation, services financiers : les secteurs ciblés
Virunga Africa Fund II prévoit d’investir dans plusieurs secteurs considérés comme structurants pour les économies africaines. Sa stratégie couvre notamment la santé, les biens de consommation courante, l’éducation et la formation, les infrastructures numériques ainsi que les services financiers.
Dans la santé, les investissements pourraient accompagner le développement d’entreprises et de services médicaux. Dans les biens de consommation, le financement peut permettre aux sociétés de renforcer leur production et leurs réseaux de distribution. L’éducation et la formation constituent un autre axe d’intervention, tandis que les infrastructures numériques et les services financiers ouvrent des perspectives dans des marchés où les besoins en équipements, en connectivité et en accès aux services restent importants.
Selon les informations publiées par la Société financière internationale (IFC), autre institution du Groupe de la Banque mondiale, le fonds ambitionne de constituer un portefeuille de 10 à 12 entreprises. Les investissements individuels pourraient se situer entre 15 et 50 millions de dollars.
Le fonds privilégiera les prises de participation majoritaires, tout en restant ouvert à des participations minoritaires significatives lorsque les intérêts des investisseurs et ceux des entreprises sont suffisamment alignés. Cette approche doit permettre au gestionnaire de participer plus activement au développement des sociétés financées.
L’Afrique du Nord devrait recevoir la moitié des ressources
L’un des éléments importants de la stratégie géographique de Virunga Africa Fund II concerne l’Afrique du Nord. La BEI prévoit que 50 % du capital du fonds soit consacré à cette région.
Sur la base de l’objectif de collecte de 500 millions de dollars, cette proportion représenterait environ 250 millions de dollars d’investissements potentiels en Afrique du Nord si le fonds atteint sa taille cible et déploie ses ressources conformément à cette allocation.
Cette orientation rejoint les priorités de la BEI en faveur du voisinage méridional de l’Union européenne et de la stratégie européenne Global Gateway. L’institution présente notamment le projet comme un moyen de soutenir les liens économiques entre l’Europe et l’Afrique et de favoriser les opportunités de financement des entreprises.
Le fonds conserve néanmoins un mandat panafricain. Les informations disponibles ne permettent pas encore d’identifier précisément toutes les entreprises qui recevront ses financements ni la répartition définitive des investissements par pays.
Admaius Capital Partners poursuit sa stratégie de capital-investissement
Virunga Africa Fund II s’inscrit dans la continuité de la stratégie menée par Admaius Capital Partners, une société de capital-investissement fondée en 2021 et dont le siège est situé à Kigali, au Rwanda.
Son premier véhicule, Virunga Africa Fund I, a mobilisé environ 280 millions de dollars et investi dans huit entreprises, selon les informations communiquées par l’IFC. Le deuxième fonds vise une capacité d’investissement plus importante, avec une stratégie orientée vers des entreprises de taille intermédiaire à grande.
Pour ces sociétés, le recours au capital-investissement peut représenter une alternative aux financements bancaires classiques, notamment lorsqu’elles ont besoin de capitaux propres pour soutenir une expansion rapide. Au-delà de l’apport financier, le gestionnaire prévoit également d’accompagner les entreprises dans leur développement opérationnel et leur structuration.
Les objectifs annoncés comprennent le renforcement des entreprises financées, la création d’emplois durables et une meilleure capacité à résister aux perturbations des chaînes d’approvisionnement ou aux variations de la demande. Il s’agit à ce stade des résultats recherchés par le fonds, et non de retombées déjà mesurées pour Virunga Africa Fund II.
Une opération encore soumise à validation
La participation envisagée de 85 millions de dollars de la BEI constituerait un apport institutionnel important pour un fonds qui cherche à atteindre 500 millions de dollars. Son aboutissement dépend toutefois de la poursuite de l’instruction du projet, des négociations et des approbations nécessaires.
Le montant annoncé ne doit donc pas être interprété comme une levée de fonds déjà réalisée. Il témoigne plutôt de l’intérêt de l’institution européenne pour un véhicule consacré au financement de sociétés africaines établies dans des secteurs variés.
Si le fonds atteint son objectif de collecte et déploie les capitaux prévus, il pourrait contribuer à élargir l’accès au financement en fonds propres pour des entreprises qui cherchent à changer d’échelle. La concrétisation de cette ambition dépendra notamment de la capacité d’Admaius Capital Partners à mobiliser les autres investisseurs, à sélectionner les entreprises bénéficiaires et à transformer les capitaux levés en croissance durable.