Avant Trenderz, Kim Tran évoluait dans un univers très différent. Master en psychologie du travail, MBA en marketing digital à l’EDHEC, puis près de dix ans dans de grands groupes internationaux comme Estée Lauder ou Kingfisher.
Mais en 2021, elle s’installe à Abidjan pour développer une marque e-commerce. Rapidement, elle découvre un écosystème entrepreneurial dynamique mais encore peu digitalisé. “Je découvre un écosystème entrepreneurial foisonnant mais sous-digitalisé, et décide de m’y installer”, explique-t-elle. Deux ans plus tard, elle lance Trenderz avec Koami Aziabou, CTO de la startup.

Une plateforme née d’un constat récurrent.
Le point de départ de Trenderz repose sur une observation très africaine. Les décisions dans l’hôtellerie, la restauration ou les loisirs passent avant tout par la recommandation personnelle. “La V1 a validé notre thèse centrale : en Afrique, les recommandations personnelles sont le premier moteur de décision en hôtellerie, restauration et loisirs”, affirme Kim Tran.
La première version de la plateforme ciblait essentiellement les influenceurs et créateurs de contenu. Mais l’équipe réalise rapidement une limite importante. “En limitant notre plateforme aux seuls créateurs, nous estimons laisser environ 70 % du potentiel de recommandation organique sur la table.”
Trenderz V2 : monétiser la recommandation du quotidien
Avec la V2 prévue pour juin 2026, Trenderz change radicalement d’échelle. La plateforme ouvre désormais la monétisation à tout utilisateur capable de recommander un lieu sur ses réseaux sociaux, même avec une petite audience. Kim Tran prend l’exemple d’une utilisatrice fictive :
“Sarah a 28 ans, elle vit à Abidjan, elle a 800 abonnés sur Instagram. Elle n'est pas influenceuse. Mais chaque fois qu'un ami visite la Côte d'Ivoire, elle reçoit le même message : ‘Tu me donnes tes bonnes adresses ?’”
Avec Trenderz, Sarah peut désormais créer une page personnalisée, partager ses bonnes adresses et toucher une commission sur chaque réservation générée. La V2 qui se contente de tracer et de rémunérer une activité qui existait déjà mais qui échappait à toute forme d’économie.

Une infrastructure plutôt qu’une plateforme d’influence
Kim Tran refuse cependant de définir Trenderz comme une simple plateforme d’influence. “Trenderz construit une infrastructure de réservation pour l’économie de la recommandation.”Le modèle repose sur un système 100 % à la performance. Les établissements ne paient que lorsqu’une réservation est effectivement générée. “Si Trenderz ne génère pas de réservations, l’établissement ne paie rien.”Aujourd’hui, la startup revendique :
- 5 000 créateurs inscrits
- 900 établissements partenaires
- une croissance mensuelle moyenne de 49 %
- plus de 55 000 dollars de volume de réservation mensuel
L’Afrique du Sud comme prochaine étape stratégique
Après la Côte d’Ivoire et le Sénégal, Trenderz prépare désormais son expansion anglophone avec une première implantation en Afrique du Sud. Le choix n’est pas anodin. Le Cap et Johannesburg représentent les deux plus gros hubs hospitality de l’Afrique subsaharienne. La startup vise ensuite le Kenya, le Maroc, l’Égypte, puis les marchés du Golfe.
Kim Tran voit beaucoup plus loin qu’une marketplace creator-driven. Pour elle, une plateforme d’influence est un produit. Une infrastructure est une fondation sur laquelle d’autres produits se construisent. À terme, Trenderz veut devenir le backend invisible des transactions basées sur la recommandation personnelle en Afrique. Une vision ambitieuse qui place la startup à l’intersection de la creator economy, du travel tech et de la fintech.