Après la France, l'Italie, le Qatar et l'Arabie saoudite, Bako Motors poursuit son expansion internationale avec une première opération d'exportation vers l'Allemagne.
Le lancement officiel de ce premier convoi s'est déroulé en présence du ministre tunisien du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid. Pour la startup, cette nouvelle destination représente bien plus qu'un marché supplémentaire : elle marque l'entrée sur l'un des principaux marchés européens de la mobilité électrique.
Deux années d'efforts pour décrocher le marché européen
L'accès au marché allemand est le résultat d'un long processus de conformité réglementaire.
Selon Boubaker Siala, fondateur et directeur général de Bako Motors, l'obtention des homologations et certifications européennes a nécessité près de deux années de travail. Ces certifications constituent désormais le passeport permettant à l'entreprise de commercialiser ses véhicules dans l'Union européenne. Cette étape ouvre également la voie à un développement plus large sur le continent européen, où la demande en véhicules électriques continue de progresser.
Une ambition industrielle qui monte en puissance
Bako Motors affiche désormais des objectifs de production ambitieux.
La startup prévoit d'exporter 88 véhicules électriques d'ici la fin de l'année 2026, avant de porter ce volume à 800 véhicules en 2027, sous réserve de la montée en charge des commandes internationales. Cette trajectoire témoigne de la volonté de l'entreprise de passer progressivement d'une production encore limitée à une véritable activité industrielle tournée vers l'export.
Une chaîne de valeur largement ancrée en Tunisie
L'un des arguments mis en avant par Bako Motors réside dans son niveau d'intégration locale.
L'entreprise indique que plus de 40 % de la valeur de ses véhicules provient d'entreprises tunisiennes. Design, textile, fabrication de batteries, faisceaux électriques et câblage font partie des activités réalisées localement, mobilisant un écosystème industriel qui dépasse largement la seule usine d'assemblage. Cette approche contribue à renforcer la filière automobile tunisienne et à créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire.
Une startup fondée par deux ingénieurs
Créée en 2021, Bako Motors est née de l'initiative de deux ingénieurs convaincus que l'Afrique pouvait développer ses propres solutions de mobilité électrique. L'entreprise est dirigée par Boubaker Siala, fondateur et directeur général. Depuis son lancement, elle développe des véhicules électriques compacts adaptés aux usages urbains et aux besoins de la logistique du dernier kilomètre, avec une attention particulière portée à la réduction des coûts d'exploitation et à la mobilité durable.
Une vitrine pour l'industrie tunisienne
Au-delà des performances de Bako Motors, cette première exportation vers l'Allemagne constitue un signal positif pour l'industrie tunisienne. Le pays compte aujourd'hui près de 280 entreprises spécialisées dans les composants automobiles, qui emploient environ 95 000 personnes. En 2025, les exportations du secteur ont atteint près de 3,9 milliards de dollars, faisant de la Tunisie l'un des principaux acteurs africains de cette industrie.
L'arrivée d'un constructeur local sur le marché européen illustre l'évolution progressive de la Tunisie, qui ne se limite plus à produire des composants automobiles mais développe désormais ses propres véhicules.
Une nouvelle étape pour la mobilité électrique africaine
Avec cette première exportation vers l'Allemagne, Bako Motors démontre qu'une startup africaine peut répondre aux exigences techniques et réglementaires des marchés internationaux.
Cette réussite pourrait également encourager d'autres entreprises du continent à investir dans la conception et la fabrication de véhicules électriques. À mesure que la transition énergétique transforme l'industrie automobile mondiale, Bako Motors entend positionner la Tunisie comme un acteur crédible de cette nouvelle économie de la mobilité.