Payer un commerçant avec une banque, un portefeuille Mobile Money ou un établissement de paiement différent nécessitait jusqu'ici des infrastructures parfois incompatibles. Cette fragmentation freinait encore l'adoption des paiements numériques dans plusieurs pays d'Afrique centrale.
La BEAC entend lever cet obstacle avec un QR Code communautaire unique. Développé en collaboration avec le Groupement interbancaire monétique de l'Afrique centrale (GIMAC), ce dispositif permet à un commerçant d'encaisser un paiement grâce à un seul QR Code, indépendamment de la banque ou du portefeuille électronique utilisé par son client.
Accélérer l'interopérabilité des paiements
L'objectif de cette initiative est de rendre les paiements électroniques plus simples, plus rapides et plus accessibles dans les six pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC).
Le lancement officiel est intervenu le 29 juillet 2026 à Douala, en présence du gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, qui a présenté cette infrastructure comme un levier destiné à renforcer l'interopérabilité entre les différents acteurs de l'écosystème financier.
En supprimant les barrières techniques entre les différents réseaux de paiement, la banque centrale souhaite favoriser une circulation plus fluide de l'argent numérique au sein de la sous-région.
Un déploiement de 120 000 QR Codes
Pour accompagner cette réforme, la BEAC prévoit le déploiement de 120 000 QR Codes auprès des commerçants et prestataires de services de la CEMAC.
Cette stratégie répond à une réalité du terrain : les terminaux de paiement électroniques restent encore peu présents dans plusieurs pays d'Afrique centrale. Le QR Code apparaît ainsi comme une alternative plus simple et moins coûteuse pour accepter des paiements numériques. Grâce à ce dispositif, un simple smartphone ou une affiche comportant un QR Code pourra suffire pour encaisser des paiements provenant de différents établissements financiers.
Une réponse à l'essor du Mobile Money
Le lancement intervient dans un contexte de forte progression des services financiers numériques.
Selon les données de la BEAC, 95 % des opérations de paiement enregistrées en 2024 dans la sous-région ont été réalisées en monnaie électronique. Cela représente 3,74 milliards de transactions, pour une valeur cumulée d'environ 32 000 milliards de francs CFA. Ces chiffres illustrent la place grandissante du Mobile Money dans les habitudes de paiement des populations et la nécessité de disposer d'infrastructures capables d'accompagner cette croissance.
Un levier pour l'intégration économique régionale
Au-delà de la technologie, ce QR Code unique constitue un nouvel outil d'intégration économique.
En harmonisant les paiements entre les six pays de la CEMAC, la BEAC souhaite faciliter les échanges commerciaux, soutenir les entreprises et accélérer la digitalisation des transactions. Cette interopérabilité pourrait également favoriser l'émergence de nouveaux services proposés par les banques, les fintechs et les opérateurs de monnaie électronique, tout en améliorant l'expérience des consommateurs.
Une nouvelle infrastructure pour la finance numérique en Afrique centrale
Le lancement de ce QR Code communautaire s'inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des systèmes de paiement de la CEMAC.
En créant un standard commun capable de connecter banques, établissements de paiement et opérateurs de Mobile Money, la BEAC pose les bases d'un écosystème financier plus interopérable, plus inclusif et davantage adapté aux nouveaux usages numériques. Pour les commerçants comme pour les consommateurs, cette infrastructure pourrait accélérer l'adoption des paiements électroniques et renforcer l'intégration économique de l'Afrique centrale dans les années à venir.