Envoyer de l'argent à sa famille restée au pays ne signifie pas toujours que les fonds serviront à la dépense prévue. Une facture d'électricité, des frais de scolarité, une consultation médicale ou un loyer peuvent nécessiter un paiement précis, alors que les circuits traditionnels reposent principalement sur l'envoi d'argent à un proche.
C'est sur cette problématique que se positionne Diaspo-Pay, une fintech francophone basée à Nîmes, en France. Sa plateforme permet aux membres de la diaspora de payer directement certaines dépenses de leurs proches depuis leur pays de résidence, sans nécessairement passer par un transfert d'argent classique.
Payer directement plutôt que simplement transférer
Le principe de Diaspo-Pay repose sur une distinction importante. Au lieu d'envoyer systématiquement de l'argent à un bénéficiaire, la plateforme cherche, lorsque cela est possible, à régler directement le fournisseur concerné.
Électricité, eau, internet, loyer, frais de santé, scolarité ou encore abonnements peuvent ainsi être pris en charge depuis l'étranger. Le paiement est associé à un besoin précis et fait l'objet d'une traçabilité.
Cette approche entend répondre à une préoccupation régulièrement rencontrée par les membres de la diaspora : s'assurer que l'argent envoyé à la famille arrive bien à sa destination initiale.
Une application qui s'appuie sur l'intelligence artificielle
Diaspo-Pay ne se limite pas à une interface de paiement. La fintech qui est déjà une marque déposée et brevetée à l'international pour son exclusivité, a intégré une brique d'intelligence artificielle capable d'analyser différents types de factures afin d'en extraire automatiquement les informations nécessaires à la transaction.
Le système peut notamment identifier le fournisseur, le montant et le bénéficiaire, y compris à partir de factures manuscrites provenant d'établissements qui ne disposent pas encore de systèmes entièrement numérisés.
L'ambition est ainsi de réduire les manipulations et de rendre le paiement à distance plus simple pour les utilisateurs.
De la santé à l'éducation, plusieurs usages
Le champ d'application de Diaspo-Pay dépasse les factures courantes. La plateforme prévoit également des usages liés à la santé, avec la possibilité de prendre en charge directement des dépenses hospitalières ou certaines prestations d'assurance maladie. L'éducation fait également partie des secteurs ciblés, notamment pour le règlement des frais de scolarité et de formation.
Diaspo-Pay prévoit par ailleurs des services liés à la réservation d'hôtels, à la location d'appartements, à la mobilité ou encore à l'acquisition de parcelles immobilières. L'idée est de permettre à un membre de la diaspora de financer ou réserver directement un service dans son pays d'origine, sans multiplier les intermédiaires.
Un modèle pensé pour plusieurs corridors
La plateforme ne se limite pas à un seul axe géographique. Son architecture est conçue autour de corridors reliant les pays d'accueil aux pays d'origine, avec une présence envisagée en Afrique, dans les Caraïbes, en Amérique latine et en Asie.
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Pour l'Afrique, Diaspo-Pay s'intéresse notamment aux flux financiers provenant de pays comme la France, les États-Unis, le Canada ou encore le Royaume-Uni.
Cette logique corridor par corridor doit permettre à la fintech d'adapter progressivement son offre aux réglementations, aux fournisseurs et aux réalités de chaque marché.
Une fintech portée depuis la France
À l'origine de Diaspo-Pay se trouve Eric Koffounda, entrepreneur issu de la diaspora centrafricaine installé à Nîmes, dans le sud de la France.
Ancien cadre dans le commerce, il s'est tourné vers l'entrepreneuriat avec la volonté de développer des concepts susceptibles de contribuer au développement du continent. Diaspo-Pay est née de cette volonté de rapprocher les diasporas de leurs pays d'origine à travers une infrastructure financière pensée autour des usages concrets.
La startup se présente comme une fintech francophone destinée notamment aux marchés d'Afrique centrale et plus largement aux corridors reliant les diasporas aux pays d'origine.
La confiance comme modèle économique
Diaspo-Pay annonce un modèle basé sur des frais de service proportionnels et transparents appliqués aux paiements effectués depuis l'étranger.
La plateforme indique ne pas appliquer de marge cachée sur le taux de change ni de commission supplémentaire sur le montant transféré au-delà des frais de service annoncés. La fintech travaille également sur un dispositif de vérification ML/KYC destiné à renforcer le contrôle des transactions et la conformité réglementaire dans les différents pays où elle souhaite ouvrir des corridors.
Un projet encore en construction
Diaspo-Pay se trouve aujourd'hui dans une phase de structuration de son infrastructure et de préparation de son déploiement commercial.
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La startup prévoit notamment de renforcer son système de sécurité, de développer son application à partir d'une maquette existante et de poursuivre l'ouverture progressive de nouveaux corridors de paiement. Elle envisage également des partenariats avec des établissements de santé, des acteurs de l'éducation, des institutions publiques et des entreprises privées.
Pour Eric Koffounda, le pari consiste à transformer les transferts de la diaspora en paiements davantage orientés vers leur destination finale. Une approche qui place Diaspo-Pay sur un terrain encore peu occupé entre transfert d'argent, paiement de factures et services financiers destinés aux diasporas.
Diaspo-Pay à la recherche de partenaires financiers
Eric Koffounda présentera Diaspo-Pay lors des Bangui Financial Days, prévus du 1er au 3 octobre 2026. Cette rencontre sera l'occasion pour le fondateur de faire connaître la solution auprès des acteurs financiers et économiques centrafricains, mais aussi d'échanger avec de potentiels partenaires.
La startup est actuellement à la recherche de financements pour poursuivre le développement de sa plateforme, sécuriser son infrastructure de paiement et préparer l'ouverture de ses premiers corridors. Eric Koffounda souhaite ainsi lever des fonds auprès d'investisseurs intéressés par les solutions fintech dédiées à la diaspora et aux flux financiers entre les pays d'accueil et les pays d'origine. Le dossier de présentation prévoit une levée comprise entre 150 000 et 200 000 euros, principalement destinée à la sécurisation de l'infrastructure et au passage du prototype à une version opérationnelle.