Le marché camerounais du mobile money accueille un nouvel acteur. Konoom Mobile Money, fintech tchadienne fondée en 2025, vient d’obtenir son agrément d’établissement de paiement au Cameroun, ouvrant la voie à son déploiement sur le marché local.
La société rejoint ainsi Orange Money et MTN MoMo parmi les établissements de paiement agréés au Cameroun, même si elle n’est pas encore opérationnelle à ce stade. Aucun agent n’a encore été déployé et aucune transaction n’a été enregistrée. Son arrivée intervient dans un marché où les usages du mobile money sont déjà bien installés, mais où Konoom identifie encore un potentiel important, notamment auprès des populations insuffisamment servies par les services financiers traditionnels.
Une fintech fondée par deux banquiers
Derrière Konoom, on retrouve Abakar Mahamat Adoum Fortey et Brahim Moussa Hassane, deux professionnels issus de la banque commerciale au Sénégal et au Tchad. Leur parcours tranche avec celui de nombreuses fintechs directement nées dans l’univers des télécoms. Brahim Moussa Hassane a notamment travaillé chez Orabank Tchad entre 2018 et 2021 comme analyste risques de crédit.
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Cette culture bancaire constitue l’un des éléments structurants du projet. Konoom revendique ainsi une approche centrée sur le crédit et la conformité, plutôt que sur la seule logique télécom. La fintech a été fondée en 2025, avec l’ambition de développer des services financiers numériques adaptés aux réalités du marché tchadien et, désormais, camerounais.
Un premier établissement de paiement 100 % tchadien agréé par la COBAC
Au Tchad, Konoom a obtenu le statut d'établissement de paiement avec un capital de 500 millions de FCFA et un siège établi à N'Djaména. Son lancement officiel est intervenu en décembre 2025. La société arrive sur un marché où le mobile money compte déjà plusieurs millions d'utilisateurs, mais que les fondateurs considèrent encore comme sous-pénétré.
Le positionnement de Konoom repose donc sur la volonté de développer une infrastructure financière numérique capable de toucher différents profils d'utilisateurs, notamment au-delà des zones urbaines.
Quatre canaux pour accéder aux services
Pour son déploiement, Konoom Money prévoit quatre canaux d’accès : une application mobile, l’USSD, WhatsApp et un site web. Le choix de l’USSD est particulièrement stratégique pour les zones où l’accès aux smartphones ou à la data reste limité.
Au Tchad, le service USSD est accessible via le *179#, tandis que le code correspondant au Cameroun est encore en cours d’attribution.
Cette approche permet à Konoom de ne pas faire du smartphone une condition obligatoire d’accès à ses services. L’utilisateur peut effectuer certaines opérations sans disposer d’une connexion internet ou même d’un smartphone.
Une infrastructure pensée pour limiter les coûts de déploiement
Konoom prévoit également de s’appuyer sur le réseau GIMAC pour les retraits. Ce choix permet à la fintech de ne pas avoir à déployer immédiatement son propre réseau de distributeurs automatiques de billets.
L'entreprise cherche ainsi à construire son infrastructure progressivement, en s’appuyant sur des réseaux existants plutôt qu’en reproduisant intégralement les infrastructures physiques déjà présentes sur le marché. Cette stratégie rejoint l’un des enjeux majeurs des fintechs africaines : parvenir à étendre les services financiers numériques tout en maîtrisant les coûts liés au déploiement physique.
Du Tchad au Cameroun
L’obtention de l’agrément camerounais constitue une nouvelle étape pour Konoom. L’arrêté n°681/MINFI du 21 juillet 2026 a officialisé son agrément au Cameroun, avec Jonathan Jonas Mbanda nommé directeur général de la filiale camerounaise.
La fintech n’a toutefois pas encore commencé ses opérations dans le pays. Le déploiement commercial et opérationnel reste donc à venir. Cette expansion permet à Konoom de passer d’un projet principalement tchadien à une ambition régionale, en s’attaquant progressivement à plusieurs marchés d’Afrique centrale.
Une nouvelle bataille dans les paiements numériques
Avec son arrivée au Cameroun, Konoom entre sur un marché où les acteurs du mobile money disposent déjà d’une forte présence.
Son positionnement repose toutefois sur une combinaison différente : une culture bancaire issue du crédit et de la gestion des risques, plusieurs canaux d’accès et une volonté d’adresser également les populations des zones rurales.
La prochaine étape sera désormais de déployer son réseau, lancer effectivement ses services au Cameroun et transformer son agrément en usages réels.
Pour cette fintech née au Tchad, le passage au Cameroun marque en tout cas un changement d’échelle. Et avec deux anciens banquiers aux commandes, Konoom fait le pari de construire son identité non seulement autour du paiement mobile, mais autour d’une approche plus large des services financiers numériques.