Le jeu vidéo n’est plus seulement un loisir. C’est désormais une industrie qui influence la technologie, la création numérique, les contenus culturels et même certaines formes d’innovation autour de l’intelligence artificielle.
Mais dans cette économie mondiale largement dominée par l’Asie, l’Europe et l’Amérique du Nord, les studios africains restent encore peu visibles.
Le problème n’est pas forcément le manque de talents. Les développeurs, designers, storytellers et créateurs existent déjà sur le continent. Ce qui manque souvent, ce sont les connexions, les infrastructures et les passerelles capables d’intégrer ces talents dans les circuits internationaux du gaming. C’est précisément là que Kofi Sika Latzoo veut intervenir.
Gamecampcities veut transformer les connexions en opportunités
Entrepreneur togolais engagé dans les industries créatives et technologiques, il développe Gamecampcities comme une plateforme de mise en relation entre les écosystèmes africains du gaming et les réseaux internationaux.L’ambition n’est pas uniquement de promouvoir des jeux vidéo africains.
Il s’agit surtout d’aider les studios, créateurs et communautés esport du continent à accéder à davantage de visibilité, de collaborations et d’opportunités de développement. À travers cette approche, Gamecampcities cherche progressivement à participer à la structuration d’un écosystème encore jeune mais en pleine évolution.
Le gaming devient aussi une économie créative africaine
Pendant longtemps, les industries créatives africaines ont principalement été associées à la musique, au cinéma ou à la mode. Le gaming commence désormais à rejoindre cette conversation.
Derrière un jeu vidéo, il y a du design, du développement logiciel, de l’animation, du storytelling, des infrastructures cloud, du marketing digital et des communautés en ligne. Toute une chaîne de métiers numériques qui peut générer de nouvelles opportunités économiques. Pour Kofi Sika Latzoo, le sujet dépasse donc largement le divertissement.
Le développement du gaming africain pourrait aussi contribuer à faire émerger une nouvelle génération de créateurs numériques et d’entrepreneurs technologiques sur le continent.
L’esport africain cherche encore ses modèles
Dans plusieurs villes africaines, les compétitions gaming et communautés esport commencent progressivement à se multiplier. Mais l’écosystème reste encore fragmenté. Peu de structures disposent d’un accompagnement solide, les financements restent limités et beaucoup de studios peinent encore à atteindre les standards internationaux de production et de distribution.
Dans ce contexte, Gamecampcities veut jouer un rôle de connecteur entre les acteurs africains et les réseaux mondiaux capables d’accélérer leur croissance.
Créer en Afrique, raconter l’Afrique
Derrière cette dynamique se cache aussi un enjeu culturel. De plus en plus de studios africains cherchent aujourd’hui à développer des univers inspirés des réalités locales, des récits africains et des imaginaires du continent.
Pour Kofi Sika Latzoo, l’objectif n’est donc pas seulement d’importer les tendances mondiales du gaming en Afrique, mais aussi de permettre aux créateurs africains de participer eux-mêmes à la production des contenus numériques mondiaux.
À travers Gamecampcities, il défend ainsi une vision où l’Afrique ne serait plus uniquement un marché de consommation digitale, mais aussi un espace de création capable d’exporter ses propres expériences culturelles et technologiques.