Chari fait partie des 50 entreprises sélectionnées dans 11 pays pour composer l’Africa Tech 50. Le Maroc ne compte qu’une seule représentante dans cet indice : Chari, qui côtoie notamment Flutterwave, Moniepoint et OPay au Nigeria, Wave au Sénégal, Yassir en Algérie, Gozem au Togo ou encore MNT-Halan en Égypte.
Cette présence donne surtout à la fintech marocaine une visibilité supplémentaire auprès d’un écosystème composé d’investisseurs institutionnels, de places boursières et de régulateurs. L’AT50 ne constitue pas un classement général des startups africaines : il cherche plutôt à identifier les entreprises technologiques privées présentant un niveau de maturité compatible avec une éventuelle introduction en Bourse.
Un indice qui regarde déjà vers les marchés financiers
Lancé au London Stock Exchange le 28 janvier 2026, l’AT50 a été conçu comme un indice de référence pour les entreprises technologiques africaines jugées les plus avancées sur le chemin d’une potentielle cotation. Sa méthodologie repose sur six dimensions : dynamique de valorisation, solidité des revenus, visibilité de la liquidité, maturité de la gouvernance, expansion stratégique et signal de marché. L’indice fait l’objet d’une révision trimestrielle.
Après Londres, le dispositif a été présenté à Johannesburg en juillet, puis au Caire le 22 septembre. Lors de cette dernière étape, Ismael Belkhayat, cofondateur et CEO de Chari, a participé à la cérémonie d’ouverture de la Bourse égyptienne ainsi qu’à des échanges avec des investisseurs et des régulateurs.
Chari accélère autour des commerçants
Cette reconnaissance intervient alors que Chari a considérablement élargi son positionnement. La startup, créée à Casablanca par Ismael Belkhayat et Sophia Alj, s’est d’abord développée autour du commerce B2B destiné aux détaillants et commerces de proximité.
Le groupe revendique aujourd’hui plus de 25 000 commerçants, neuf marques et une présence qui couvre plusieurs maillons de la chaîne de valeur du commerce de proximité. Son offre comprend notamment la commande de produits de grande consommation, les outils de caisse et de gestion du crédit, les paiements, les transferts et différents services financiers.
Cette évolution s’appuie également sur un cadre réglementaire renforcé. Le groupe Chari opère sous licence d’établissement de paiement délivrée par Bank Al-Maghrib, tandis que sa série A de 12 millions de dollars, annoncée en octobre 2025, a contribué à financer son développement.
Le compte digital PME a pesé dans la dynamique de l’indice
L’un des signaux mis en avant par l’AT50 concerne le lancement par Chari de son compte digital destiné aux PME marocaines. En avril 2026, la fintech figurait parmi les trois principaux contributeurs à la progression hebdomadaire de l’indice, avec une contribution annoncée de 0,19 point, soit 22 % du mouvement observé cette semaine-là selon le bulletin d’Indexa.
Cette évolution illustre le changement de dimension de Chari : l’entreprise ne cherche plus uniquement à digitaliser l’approvisionnement des petits commerçants, mais construit progressivement une infrastructure financière et commerciale autour de cette clientèle.
Une seule entreprise marocaine parmi 50
La composition de l’AT50 révèle aussi la concentration géographique actuelle de la tech africaine privée. Le Nigeria arrive en tête avec 16 entreprises, devant l’Afrique du Sud avec 11, l’Égypte avec 9 et le Kenya avec 7. À côté de ces quatre marchés, plusieurs pays ne comptent qu’une seule entreprise représentante, dont le Maroc avec Chari, mais également le Sénégal avec Wave, l’Algérie avec Yassir, le Bénin avec Spiro et le Togo avec Gozem.
Pour Chari, cette sélection intervient donc dans un environnement où quelques écosystèmes concentrent une grande partie des entreprises identifiées par l’indice.
Chari regarde déjà vers Casablanca
L’entrée dans l’AT50 ouvre aussi une perspective plus directement liée aux marchés financiers marocains. Lors de son passage au Caire, Ismael Belkhayat a déclaré vouloir voir la tournée de l’indice se poursuivre jusqu’à la Bourse de Casablanca, tout en présentant la présence de Chari dans l’AT50 comme une reconnaissance du potentiel de l’écosystème technologique marocain.
L’intégration à l’indice ne signifie évidemment pas que Chari prépare automatiquement une introduction en Bourse. Elle place cependant la fintech dans un univers où la maturité financière, la gouvernance, les revenus et la capacité d’expansion sont désormais observés à travers le prisme des marchés de capitaux.
Pour Chari, le prochain chapitre se jouera donc autant dans la consolidation de son infrastructure fintech que dans sa capacité à transformer cette visibilité continentale en nouvelle étape de croissance.