Entre la Guinée et sa diaspora, les besoins en devises existent des deux côtés. Une personne installée en France peut disposer d’euros et rechercher des francs guinéens pour financer des dépenses dans son pays d’origine. Au même moment, une personne en Guinée peut disposer de francs guinéens et chercher des euros. Les deux besoins peuvent donc se compléter, mais les personnes concernées ne se connaissent pas forcément.
Jusqu’ici, ce type de recherche passe souvent par les proches, les groupes WhatsApp, les réseaux sociaux ou le bouche-à-oreille. C’est cette mise en relation que SyliPay cherche à structurer avec une plateforme numérique. Le projet a été fondé par Paul Lebe DORE et Daniel SOROMOU, avec l’idée de connecter les besoins complémentaires entre la Guinée et sa diaspora.
Une marketplace pour trouver la bonne contrepartie
SyliPay fonctionne sur un principe relativement simple : chaque utilisateur indique la devise dont il dispose, celle qu’il recherche ainsi que le montant concerné. Il peut ensuite consulter les besoins publiés sur la plateforme et rechercher les annonces correspondant à sa propre situation.
Le mécanisme peut être illustré par un cas concret. Une personne en France dispose de 500 euros et recherche des francs guinéens. Une autre personne en Guinée dispose de francs guinéens et recherche 500 euros. Lorsque les deux annonces correspondent, SyliPay permet aux utilisateurs d'entrer en contact. La plateforme appelle cette correspondance un « Match SyliPay ».
Le fonctionnement repose ainsi sur trois étapes : publier son besoin, trouver une correspondance puis entrer en contact avec l'autre membre. Les personnes mises en relation restent ensuite libres de définir directement les modalités de leur échange.
Pour les utilisateurs, l'intérêt recherché est surtout de réduire le temps consacré à la recherche d'une contrepartie. Plutôt que de multiplier les messages auprès de proches ou de parcourir différents groupes communautaires, chacun peut publier son besoin et consulter les demandes déjà disponibles. SyliPay indique également intégrer un processus de vérification des profils afin de contribuer à créer une communauté de confiance.
Guinée, France et Canada comme premiers corridors
Pour son lancement, SyliPay se concentre sur trois territoires : la Guinée, la France et le Canada. Les premiers corridors proposés sont l'euro contre le franc guinéen et le dollar canadien contre le franc guinéen.
Ce choix permet à la startup de commencer avec un périmètre géographique limité et directement lié aux besoins de la diaspora guinéenne. Le développement de la communauté et les retours des premiers utilisateurs doivent ensuite servir à faire évoluer progressivement la plateforme.
Le service est actuellement accessible sur le web. Une application mobile a également été développée et finalisée, avec les derniers ajustements techniques en cours avant son lancement officiel.
Un point important concerne le rôle actuel de SyliPay dans les transactions. La plateforme ne reçoit, ne conserve et ne transfère pas les fonds de ses utilisateurs. Elle intervient uniquement dans la mise en relation, les personnes concernées définissant ensuite directement les modalités de leur opération. Les fondateurs indiquent que toute évolution future impliquant la gestion ou la circulation de fonds devra être développée dans le respect du cadre réglementaire applicable aux marchés concernés.
Deux profils complémentaires derrière le projet
Le projet repose sur deux expertises différentes. Paul Lebe DORE, cofondateur chargé de la stratégie et du développement, est ingénieur de la santé et spécialiste du management de la qualité. Son parcours entre la Guinée, le Maroc et la France l'a conduit à travailler notamment dans les secteurs de la santé, des dispositifs médicaux, de la qualité et des affaires réglementaires, avant de s'intéresser davantage à l'entrepreneuriat et aux solutions numériques.
Daniel SOROMOU, cofondateur chargé de la technologie et du produit, est ingénieur logiciel et diplômé en génie informatique de Polytechnique Montréal. Après des expériences dans l'écosystème technologique canadien, notamment chez Bell, il a travaillé cinq ans chez Microsoft sur des sujets liés notamment à Microsoft Edge. Depuis 2024, il évolue chez Google, où il contribue au développement de Chrome.
À court terme, SyliPay cherche à développer une communauté suffisamment active pour faciliter les correspondances entre personnes ayant des besoins complémentaires. À plus long terme, les cofondateurs envisagent d'étendre le modèle à d'autres corridors entre l'Afrique et ses diasporas et de faire évoluer progressivement la plateforme vers un écosystème technologique consacré à ces interactions.