La deuxième phase de Cleantech Maroc relancée
Les porteurs de solutions vertes au Maroc ont jusqu'au 9 novembre 2026 pour se manifester. Le Département du Développement durable a lancé un nouvel appel à projets dans le cadre de la deuxième phase du Programme d'appui à l'innovation dans les technologies propres et les emplois verts, plus connu sous le nom de Cleantech Maroc. L'initiative vise les auto entrepreneurs, les startups et les très petites entreprises qui proposent une innovation technologique au service de l'environnement.
Quatre domaines sont ciblés : la valorisation des déchets, l'utilisation rationnelle de l'eau, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Chaque projet doit apporter une réponse technologique innovante dans au moins l'un de ces champs. Pour un pays engagé dans la transition énergétique et confronté à une pression croissante sur ses ressources en eau, ces thématiques correspondent à des besoins très concrets, aussi bien pour les ménages que pour l'industrie et l'agriculture.
Un programme mondial porté par l'ONUDI et le FEM
Cleantech Maroc est la déclinaison nationale du Global Cleantech Innovation Programme (GCIP), créé par l'Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI) avec le soutien du Fonds pour l'environnement mondial (FEM). Le programme est mis en œuvre dans quinze autres pays.
Au Maroc, l'histoire du GCIP remonte à 2016. Sa première phase, conduite jusqu'en 2019, a donné lieu à quatre compétitions annuelles. Elle a permis de former et d'accompagner 120 entrepreneurs, et de récompenser financièrement 28 startups. La deuxième phase a démarré en octobre 2022 avec une dimension régionale : quatre pôles régionaux, chacun adossé à un hub partenaire local chargé de pré accélérer les entrepreneurs.
Côté financement, la fiche du projet sur le portail de la Convention de Minamata indique, pour cette deuxième phase, une subvention du FEM de 913 242 dollars et un cofinancement de 3,078 millions de dollars. L'ONUDI en est l'agence de mise en œuvre, avec l'appui de l'association Compétences Changement Climatique du Maroc (4C Maroc). L'objectif affiché est de soutenir une croissance économique durable et inclusive en renforçant les écosystèmes régionaux d'innovation.
Le programme a déjà révélé plusieurs pépites. En 2019, la startup PilliotY avait remporté le Grand Prix GCIP Maroc avec Dust Out, un outil numérique qui optimise la maintenance des installations solaires grâce à l'internet industriel des objets et à l'apprentissage profond. Parmi les anciens participants listés par le GCIP figurent aussi Elum Energy, Green Watech ou, pour la cohorte 2023, Smart Collecte, Agua de Sol, Jodoor, ARWA Solutions et EntomoNutris. Au total, près de 800 startups vertes avaient participé aux compétitions Cleantech à la fin de 2019.
Qui peut postuler ?
Les conditions d'éligibilité sont précises. L'équipe doit compter au moins deux membres, dont au moins un de nationalité marocaine. Elle doit disposer d'une adresse physique au Maroc et y mener ses activités. Le projet doit avoir moins de cinq ans. Les membres doivent être majeurs, et au moins l'un d'eux doit avoir moins de 45 ans.
Les candidats s'engagent également à consacrer au moins la moitié de leur temps au projet s'ils sont primés, et à suivre l'intégralité du programme d'accélération. Une souplesse importante est prévue pour les porteurs de projets encore au stade de l'idée structurée : il est possible de candidater en tant que personne physique, sans société immatriculée. En revanche, une entité juridique devra être créée pour percevoir le prix.
Ces critères ouvrent la porte aux jeunes diplômés, aux chercheurs qui souhaitent valoriser une technologie et aux équipes mixtes associant profils techniques et commerciaux. La présence obligatoire d'un membre marocain permet aussi à des entrepreneurs étrangers installés au Maroc de participer, à condition de s'associer à un cofondateur local.
Une sélection en deux temps et une accélération obligatoire
La compétition se déroule en deux phases. La première, menée avec les hubs régionaux, désigne les finalistes à partir d'un formulaire en ligne et d'un entretien avec un jury d'experts. Les critères portent sur le degré d'innovation, la qualité de l'équipe, le potentiel de croissance, la solidité du business plan, la viabilité économique, la contribution au développement durable et la cohérence avec les priorités environnementales nationales.
Les finalistes, jusqu'à 30 projets, intègrent ensuite un programme d'accélération obligatoire. Mentors et experts les aident à affiner leur projet, à se préparer à la levée de fonds et à l'accès au marché. Selon le GCIP, cette étape comprend des webinaires et des cliniques d'affaires, ainsi qu'une mise en relation avec des industriels et des investisseurs potentiels.
La seconde phase désigne les lauréats. Le jury s'appuie sur un dossier technique finalisé à l'issue de l'accélération et sur une présentation orale de dix minutes. Pour les candidats, la qualité du pitch et la démonstration d'un impact environnemental mesurable pèsent donc lourd.
Des prix pour financer équipements et services
Les lauréats reçoivent un prix compris entre 100 000 et 150 000 dirhams. Cette somme est destinée à l'acquisition de matériels et de services nécessaires au développement de la solution. Deux distinctions complètent le palmarès. Le prix « Women Lead Team » est réservé aux équipes portées par des femmes entrepreneures. Le « Grand Prix GCIP Maroc » récompense le projet le plus innovant parmi les lauréats et s'accompagne d'un bonus de 50 000 dirhams.
Au delà de la dotation, la valeur du programme tient à l'accompagnement et au réseau. Les lauréats les plus innovants bénéficient d'un soutien technique et financier après la compétition, et l'ensemble des finalistes accède à des opportunités de réseautage avec des partenaires nationaux et internationaux. Lors de la première phase, les 28 lauréats avaient reçu au total 4,5 millions de dirhams, tandis que les finalistes avaient levé 30 millions de dirhams.
Comment candidater
- Date limite : 9 novembre 2026.
- Cible : auto entrepreneurs, startups et très petites entreprises de moins de cinq ans, installés au Maroc, développant une innovation dans la valorisation des déchets, l'eau, l'efficacité énergétique ou les énergies renouvelables.
- Équipe : au moins deux membres majeurs, dont un de nationalité marocaine et un de moins de 45 ans.
- Apport : prix de 100 000 à 150 000 MAD pour l'achat d'équipements et de services, accélération avec mentors et experts, prix « Women Lead Team », bonus de 50 000 MAD pour le Grand Prix GCIP Maroc.
- Sélection : formulaire en ligne et entretien avec un jury, puis accélération et pitch final de dix minutes.
- Lien officiel : le formulaire de candidature 2026 est disponible ici.